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Nos prises de position


L'actualité nous amène régulièrement à exprimer le point de vue de notre Régionale. Ce site web est aussi une tribune pour faire connaître notre avis sur les sujets concernant l'enseignement de nos disciplines, et, hélas, souvent sur les menaces qui pèsent sur lui... Vous trouverez ci-dessous différents communiqués et éditoriaux récents. Si vous souhaitez, en tant que membre de notre association, vous exprimer ici, écrivez-nous !

 

Éditorial de novembre 2018 : UN CHANGEMENT DANS LA CONTINUITÉ.

Éditorial de juillet 2018 : RENFORÇONS L'APHG ! (ou "make APHG great again !")

Éditorial d'octobre 2017 : VERS DES TEMPS NOUVEAUX ?

Éditorial de mai 2017 : LE PIRE N'EST JAMAIS SÛR

Éditorial d'octobre 2016 - APPEL À ENGAGEMENT

Éditorial de mai 2016 - OUVRONS LES YEUX

NON À DES EXAMENS À DEUX VITESSES ! (7 décembre 2015)

MOTION SUR LA MISE EN PLACE DE L'ÉDUCATION MORALE ET CIVIQUE (29 novembre 2015)

UNIS ET DEBOUT CONTRE LA BARBARIE (14 novembre 2015)

Éditorial d'octobre 2015 : UNE ASSOCIATION NE PEUT FONCTIONNER QU'AVEC DE BONNES VOLONTÉS

APRÈS L'ATTENTAT CONTRE CHARLIE HEBDO (7 janvier 2015)

Éditorial de novembre 2014 : TOUJOURS ET ENCORE

SUJETS D'HISTOIRE-GÉOGRAPHIE-ÉDUCATION CIVIQUE 2013 : PLUS JAMAIS ÇA ! (29 juin 2013)

Éditorial de juin 2014 : UN PAS EN AVANT, UN PAS EN ARRIÈRE, UN PAS SUR LE CÔTÉ ?

APRÈS LES ALLÈGEMENTS, QUELLE REFONDATION ? (mars 2014)

Éditorial d'octobre 2013 : FAUT-IL SE MONTRER SATISFAITS ?

Éditorial d'avril 2013 : DES ESPOIRS DÉÇUS

Le mot du président

UN CHANGEMENT DANS LA CONTINUITÉ ?

« Rien n’a changé, j’ai tout revu » comme le reprend notre président national* en citant Verlaine à propos de la politique ministérielle. Et au rythme d’une annonce ou projet/proposition par semaine !
Il y a l’objectif annoncé du « relèvement de l’Instruction publique »* et la mise en œuvre qui « sème le doute, la déception et l’inquiétude »*. Après les premières impressions d’écoute et de prise en compte des positions de l’APHG, « le sentiment d’un éternel retour des mêmes méthodes est diffus depuis quelque temps »*. La réforme du lycée avec les spécialités multidisciplinaires, intellectuellement intéressante, va dans le sens d’une dérégulation car il n’y a plus de cadrage national et mise en concurrence des établissements entre eux (sans compter avec le privé). Réfléchissons aussi au côté pratique : quid de l’option là où il n’y a qu’un seul lycée, déplacement des élèves d’un établissement à l’autre (comme c’est déjà envisagé pour mutualiser les moyens) là où il y a plusieurs lycées et donc réellement le choix entre toutes les options. Et nos horaires d’histoire et de géographie ? Oui, le nombre d’heures d’enseignement augmente, mais uniquement pour l’option. Et au total ? L’on peut légitimement craindre une diminution des horaires globaux d’histoire-géographie et donc, par conséquent, des postes, ce qui va d’ailleurs dans le sens voulu d’une diminution programmée des effectifs dans l’Éducation nationale. Au moins, il y a une cohérence.
Quant à la « définition des programmes ajustés à la seule composante "Sciences politiques" susceptible de sacrifier tout ce qui n’est pas ultra contemporain » *, l’APHG s’y oppose ; elle réclame une « spécialité de plein exercice ou à défaut, un cadrage national qui lui affecte les 3/4 des horaires »* ; mais qu’en sera-t-il ? Sans doute va-t-on voir des ajustements locaux en fonction des services, des postes…
Déjà avec la réforme de l’enseignement professionnel, les horaires d’histoire-géographie ont été divisés par deux ! La Degesco a répondu à l’APHG que dans le futur « bac pro », c’est le « pro » qui doit tout déterminer, comprenez les employeurs des bassins économiques. La culture générale n’est qu’une variable d’ajustement, l’histoire et la géographie risqueraient même de donner de mauvaises idées aux futurs travailleurs »*.
Et la place de la géographie dans toutes ces réformes ? Après les coups portés à l’époque du ministre Allègre et son mammouth, ne risque-t-on pas de voir encore un dépeçage ? Toucher à l’enseignement de l’histoire mobilise et provoque des réactions médiatiques (jusqu’à Stéphane Bern !), mais qui réagira à ce qui concerne la géographie ? Déjà que très peu de professeurs d’histoire - géographie ont une formation de géographe et qu’à l’Université, les débouchés des géographes ne sont plus dans l’enseignement.
Si vous souhaitez toujours un avenir à l’enseignement de l’histoire et de la géographie, donner aux élèves, à tous les élèves, les repères culturels et l’esprit critique, engagez-vous ! Soutenez l’APHG (faites adhérer, recrutez, participez aux activités…) ! Il faut des idées neuves et nous renouveler.

* Franck Collard                                                                                 Didier Doix, novembre 2018  

 

Le mot du président

RENFORÇONS L’APHG ! ou pour parodier : Make APHG great again !

Face à la crise globale de l’engagement associatif (mais aussi syndical…) et à la déréglementation programmée de l’Éducation qui ne sera, à ce rythme, bientôt plus « Nationale », nous devons nous interroger.
Pourquoi sommes-nous devenus professeurs d’histoire et/ou de géographie ? Pourquoi certains d’entre nous, non-professeurs de ces disciplines, nous ont-ils rejoints ? Pourquoi les retraités, pour qui les préoccupations de didactique, compétences et autres ne sont plus d’actualité, soutiennent-ils encore l’APHG ?
Les valeurs, la formation du citoyen, l’humanité… tout ce qui est véhiculé par nos chères disciplines ne doit pas être affaibli ! Pour ce faire, il faut soutenir l’APHG, la plus ancienne (le centenaire a été fêté il y a quelques années) et la plus représentative des associations ; toutes les idées et sensibilités (politiques, philosophiques, religieuses même) y sont représentées dans un esprit d’ouverture intellectuelle et au monde. C’est pourquoi, chacun d’entre nous doit s’engager ; s’engager en adhérant (rappel : 66 % de l’adhésion est déductible des impôts !), s’engager en participant aux activités et voyages, de notre Régionale en particulier, s’engager en incitant à de nouvelles adhésions et principalement celles de jeunes collègues car il faut prendre la relève !
Tout le monde est concerné : les professeurs des écoles sont censés enseigner l’histoire et la géographie ; que deviendrait l’Université si les professeurs du secondaire baissaient leur vigilance et leurs exigences avec des horaires décents, pour tous ? Il faut bien renforcer le poids de l’APHG, toujours et encore, face à la probable diminution des horaires (voire suppression en Terminale des LP) dans certaines sections et/ou lycées (où des options ne seraient pas offertes), la modification du recrutement avec à terme la suppression du CAPES… et, pour les plus motivés, entrer au bureau de la Régionale et la représenter auprès des instances nationales (3 réunions — seulement — par an).

Didier Doix, juillet 2018  

 

Le mot du suppléant

VERS DES TEMPS NOUVEAUX ?

Le nouveau ministre de l’Éducation nationale se distingue de sa prédécesseure : Jean-Michel Blanquer est le premier titulaire du poste à avoir reçu l’APHG en délégation depuis Jean-Pierre Chevènement en 1985 (il s’agissait alors de maintenir dans les programmes l’histoire du temps présent que le cabinet du ministre voulait supprimer). Selon notre nouveau président national Franck Collard, il a fait preuve de qualités d’écoute.
On sait que les relations de notre association avec Najat Vallaud-Belkacem étaient fort tendues, avec deux principales pommes de discorde :
- la réforme du collège — contre laquelle Didier Doix appelait les collègues à se mobiliser il y a peu — à la fois ingérable par les enseignants et nocive pour les élèves les plus fragiles.
- le conseil supérieur des programmes, confié à notre collègue géographe Michel Lussault, celui-là même qui se lamentait en 2009 que "chacun, sortant du collège ou du lycée [ait été…] écœuré jusqu’à la fin de ses jours" par une géographie portant le "fardeau scolaire" (voir Lettre de la Régionale n° 56).

Fidèles à nos fondamentaux, nous avons critiqué (avec plus ou moins de succès) le projet de distinction entre thèmes obligatoires et thèmes facultatifs, insisté sur la densité des contenus et la place à accorder à la chronologie, promu notre liberté pédagogique, et fait un peu reculer le pédagogisme forcené de certains (ce qui est loin d’être contradictoire).
La récente démission de Michel Lussault n’est pas pour nous une mauvaise nouvelle !
Position équilibrée ; si nous apprécions d’être écoutés, nous ne saurons qu’à l’épreuve des faits si nous avons été entendus. Il n’est nullement question d’accorder un blanc-seing à notre nouveau ministre dans tous les domaines ; nous serons très vigilants sur le retour d’une véritable formation continue, la façon de traiter les questions de laïcité, le rôle des enseignants dans la mise en place d’une "autonomie des établissements" (qui a surtout été jusqu’à présent celle des chefs d’établissements) ; la place accordée au développement de l’esprit critique chez nos élèves ; le refus d’une pénétration dans nos collèges et lycées de pratiques inspirées par le néo-libéralisme ambiant ; la nécessité d’un retour à une attractivité de notre métier qui a gravement fait défaut au cours de la dernière décennie ; la part accordée à nos disciplines dans un bac sur le point d’être réformé.
Il faut bien sûr ajouter à toutes ces préoccupations un domaine ne dépendant pas de Jean-Michel Blanquer mais de la biologiste et biochimiste Frédérique Vidal : l’Université, aujourd’hui financièrement sinistrée, bondée d’étudiants ballotés par la kafkaïenne machine APB et gentiment poussés vers la sortie, pressée d’élaguer à tour de bras les branches "non rentables", particulièrement celles tournées vers l’humanisme et la culture. Nos disciplines n’ont jamais eu à gagner au dégraissage ou à l’utilitarisme appliqués à l’enseignement.

Il est donc toujours nécessaire de s’investir dans l’Association. La moyenne d’âge de ses membres s’accroît. Refusons de considérer cette évolution comme inexorable ; l’effort doit être fait par chacune et chacun d’entre nous auprès des jeunes collègues. Didier, très attaché à cet appel à du sang neuf, soutenu par les enseignants de l’ESPÉ Thierry Hohl et Christophe Cailleaux, a dans cet esprit organisé une réunion rue Charles Dumont à Dijon avec les étudiants en master "métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation" de première et de deuxième années pour leur présenter notre association. Nous y avons été fort bien reçus par maîtres et futurs collègues… Ce n’est qu’une modeste étape dans la reconquête des jeunes générations !

Gérard Déclas, octobre 2017  

 

Les mots des présidents

EXTRAITS DE L'ÉDITORIAL DE BRUNO BENOÎT DU NUMÉRO DE MAI 2017

Pourquoi tenir bon ? Car la réforme actuelle en collège — en attendant celle du lycée, voire de l’Université — ne peut être que maintenue, voire accentuée, quelle que soit la majorité politique sortie des urnes. Pourquoi devez-vous vous réveiller ? Car nous sommes en année électorale et il est nécessaire de se faire entendre, en tant que professeurs-citoyens et citoyennes, pour dire quelles sont nos exigences pour nos deux matières et pour l’EMC. Il ne suffit pas de rêver d’ailleurs, il faut, à l’intérieur de la profession, faire acte de résilience. De plus, le temps presse et l’APHG est là pour dire ce que les professeurs d’Histoire et de Géographie veulent pour que nos enseignements permettent à nos élèves et étudiant(e)s d’être des citoyens et citoyennes responsables et capables de comprendre le monde dans lequel ils vivent, monde en perpétuelle évolution.


LE PIRE N'EST JAMAIS SÛR

La défense de notre enseignement et de nos disciplines demeure toujours d’actualité et il faut, toujours et encore, que chacun s’investisse ; une association ne peut fonctionner que grâce à l’engagement de TOUS ses membres si l’on tient réellement aux valeurs et à la culture véhiculées par nos disciplines. Collègues actifs et retraités, amis de l’APHG, il nous faut montrer l’importance de ces disciplines dans la formation et la vie des futurs citoyens ; nous avons aussi besoin que les Universitaires grossissent nos rangs. Plus nous serons nombreux, plus nous serons écoutés. Une autonomie encore plus importante laissée aux chefs d’établissement risque, non seulement, de diviser nos collègues, mais aussi de mettre à bas l’idée de nationale que doit être
l’éducation.

Didier Doix, mai 2017  

 

Les mots des présidents

APPEL À ENGAGEMENT

Notre association fonctionne uniquement grâce à l’action et à l’investissement de bénévoles. Il est de plus en plus nécessaire que chacun s’investisse, recrute autour de lui si l’on veut pérenniser et la Régionale et l’Association.
Certaines positions et/ou actions nous/vous conviennent, d’autres non : il faut faire le bilan ! L’on peut le qualifier de « globalement positif », comme disait autrefois le chef d’un parti, sauf qu’à l’APHG chacun peut s’exprimer. De Nombreux collègues s’étaient émus de l’abandon de l’enseignement de l’histoire en TS et se sont réjouis du rétablissement ; d’autres se félicitent que les programmes du collège soient restés annuels et respectent (globalement) la chronologie,… Oui, c’est bien grâce aux pressions de l’APHG !
Vous voulez toujours pouvoir enseigner de l’histoire et de la géographie, au collège, au lycée (général, technique)?
Mobilisez-vous ! Vous voulez encore avoir des étudiants en histoire et en géographie à l’Université ? Mobilisez-vous ! L’APHG est la seule organisation de spécialistes qui peut faire pression sur les décideurs. Mobilisation d'autant plus nécessaire que régulièrement, nos enseignements sont attaqués, menacés aussi bien sur le fond que sur la forme. Pensons à ces réformes que nous avons déjà connues : encensées par ceux qui quelques années plus tard les critiquent ; ne pourrait-on pas faire, un jour, une vraie évaluation ? Va-t-on lutter contre les inégalités en réduisant les connaissances à un socle ?… ?

Didier Doix, octobre 2016  


EXTRAITS DE L'ÉDITORIAL DE BRUNO BENOÎT DU NUMÉRO DE SEPTEMBRE 2016

« La rentrée 2016 est, pour le collège, une rentrée à risque pour les élèves et pour les professeurs. Il n’y a que ceux et celles qui sont loin des classes de collège qui semblent ignorer la situation qui s’annonce. À cette rentrée, il va falloir jongler entre EPI « miraculeux » et horaires « désastreux ». Avec cette rentrée, chaque professeur de collège devra avaler quatre programmes, façon fast-food pédagogique, s’il a la malchance d’avoir les quatre niveaux. Cette
rentrée a donc lieu avec encore une nouvelle réforme, non vraiment maîtrisée, et ce au nom de l’amélioration de l’enseignement, de la lutte contre les inégalités, de la guerre déclarée à l’élitisme. » […]

« La réforme a été faite au nom de la réduction des inégalités sociales, territoriales ou encore culturelles, alors que le constat qui ressort, avant même la mise en place de la réforme et ce confirmé lors d’un entretien en haut lieu, est qu’il y a un risque à accentuer les inégalités territoriales, que ce soit entre le rural et l’urbain, entre banlieues et centre-ville, entre un collège et un autre, c’est- à-dire un risque d’augmentation des inégalités sociales et culturelles et qui comme d’habitude concernera, en premier, les élèves des milieux les plus fragiles. »

 


Les mots des présidents

EXTRAITS DU DERNIER ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT NATIONAL DE L'APHG, BRUNO BENOÎT

Soyons clairs, OUVRONS LES YEUX, l’APHG ne peut accepter la réforme du collège dans son application prévue à la rentrée 2016.

Regardons la réalité qui nous attend à la rentrée 2016 :
La réforme a pris en compte la chronologie, ce qui est pour l’APHG un résultat tangible pour lequel nous avons œuvré à notre façon. Nous restons attachés, non pas à une marque d’archaïsme, mais à un outil précieux de repérage et de comparaison pour des études historiques menées en parallèle. Ce n’est être ni de Droite ni de Gauche, mais simplement être pédagogue et bon historien que défendre la chronologie. Arrêtons de remettre en cause un fondement essentiel de notre enseignement.
Quand Georges Duby nous dit : « En effet, je peux établir par exemple, preuves en main, que le 27 juillet 1214 et non pas le 26, ni le 28, deux armées s’affrontèrent dans la plaine de Bouvines »? j’applaudis des deux mains.

Les modules optionnels ont disparu, ce qui nous réjouit, même si nous ne fûmes pas les seuls à en demander la disparition. Il n’y a pas à hiérarchiser ce qui est important et ce qui serait secondaire. Dans ce domaine, les choix sont toujours mauvais, car ils ne sont pas dictés, pour nos élèves, par une démarche intelligible, mais par des questions de temps ou d’engagement partisan, ce qui est contraire à toute déontologie professorale.

La liberté pédagogique de l’enseignant est affirmée. Voilà une dimension qui m’est chère et qui est chère à nous tous et toutes. Une réforme ne peut réussir que si la MEN considère que les enseignants au-delà des discours lénifiants et médiatiques, sont des personnes dignes de confiance, capable d’intégrer les nouveautés, d’adapter leur pédagogie au public d’élèves en face d’eux, de multiplier les supports d’enseignement, de travailler en équipe, de parfaire leur formation, bref de les considérer comme des citoyen(ne)s responsables, ce qu’ils sont dans leur écrasante majorité, et non comme des personnels à qui il faut mâcher le travail par des fiches toutes préparées, dignes d’un mauvais régime amaigrissant !!

Bruno Benoît, mai 2016      

Chères et chers collègues, une association ne peut fonctionner que grâce à l’action de tous et au temps que chacun veut y investir ; si vous pensez que l’enseignement de l’histoire, de la géographie a une réelle importance, en tant que disciplines fondatrices d’une culture, de valeurs … investissez-vous : adhérez, participez aux actions, aux voyages …

Didier Doix, mai 2016  

Conférence des associations de professeurs spécialistes
Communiqué du 7 décembre 2015
Non à des examens à deux vitesses !

Les associations signataires ont pris connaissance du décret n°2015-1351 du 26 octobre 2015 « modifiant les dispositions du code de l'éducation relatives à la préparation aux examens des voies générale, professionnelle et technologique des lycées et à la délivrance du baccalauréat ». Ce décret offre à tout élève ayant échoué à l'examen du baccalauréat, du brevet de technicien, du brevet de technicien supérieur et du certificat d'aptitude professionnel, le droit à une nouvelle inscription dans l'établissement dont il est issu. Il étend en outre aux candidats scolarisés une disposition qui, jusque là, était réservée aux candidats non scolarisés, aux candidats présentant un handicap et aux sportifs de haut niveau : le droit de conserver pendant cinq années le bénéfice des notes obtenues égales ou supérieures à 10 et de ne
repasser, à chaque session, que les autres épreuves.
Pour les raisons suivantes, les associations signataires sont opposées à ce décret :
- Au lieu de lutter effectivement contre l'absentéisme et le décrochage scolaire, ce décret les institutionnalise. En effet, le redoublement dans l'établissement dont les élèves sont issus en cas d'échec à l'examen devient un droit alors qu'il était jusque-là une possibilité soumise à certaines conditions, en particulier l'assiduité et le sérieux dont l'élève avait fait preuve durant l'année de préparation à l'examen.
- Au lieu de lutter contre le consumérisme scolaire, le décret l'encourage. Il autorise en effet les redoublants à ne suivre que les cours des disciplines dans lesquelles leurs notes n'auront pas été suffisantes.
- Au lieu de remédier à l'échec scolaire, le décret achève de discréditer le baccalauréat et les autres examens visés. Quel niveau réel ces diplômes viendront-ils en effet certifier si certaines matières ont été validées plusieurs années avant la réussite à l'examen ? On trompe les élèves en leur faisant croire qu'ils pourront faire des études supérieures sur des bases aussi fragiles.
- En réintroduisant subrepticement la possibilité pour les candidats scolarisés d'obtenir le baccalauréat professionnel en plus de trois ans, ce décret, sans le dire explicitement, prend acte de l'échec de la réforme de 2009 qui avait supprimé une année de préparation à cet examen. Mais au lieu d'y remédier par des solutions efficaces, il ne propose qu'une mesure à moindre coût.
Les associations signataires considèrent par conséquent que les dispositions prévues par ce décret sont des mesures de facilité qui n'aideront pas les candidats ayant échoué aux examens à surmonter leurs difficultés et à acquérir un niveau solide. Si son intention est de lutter réellement contre l'échec et le décrochage scolaires, le ministère devrait songer à développer des dispositifs qui existent déjà et qui ont fait leurs preuves, comme le MOREA qui permet aux élèves ayant échoué à l'examen et perdu toute motivation de reprendre goût au travail scolaire en le préparant par alternance.

Les associations signataires :
AFPE (Association Française des Professeurs d'Espagnol)
ANPBSE (Association Nationale des Professeurs de Biotechnologies Santé-Environnement)
APEG (Association des Professeurs d'Economie-Gestion)
APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et Langues Anciennes en Classes Préparatoires Littéraires)
APHG (Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie)
APLV (Association des Professeurs de Langues Vivantes)
APPEP (Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public)
APSMS (Association des Professeurs de Sciences Médico-Sociales)
APV (Associations des Professeurs de Vente et disciplines associées)
CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes)
SLNL (Société des Langues Néo-Latines)
UPBM (Union des Professeurs de Physiologie, Biochimie et Microbiologie)

La Régionale d'Île-de-France, par la voix de ses délégués nationaux, a présenté lors de l'Assemblée générale ordinaire de l'APHG du dimanche 29 novembre 2015 le texte suivant :

A la demande du Ministère de l'Education nationale, un enseignement moral et civique a été mis en place à la dernière rentrée. Les enseignants ont accepté de s’engager dans ce nouvel enseignement, en dépit de la précipitation et de l'absence de moyens pédagogiques spécifiques.
En tant qu'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie, dans la mesure où ces enseignements ont souvent été confiés à des professeurs d'Histoire-Géographie, nous voudrions alerter l'opinion publique et tous les acteurs de l'Ecole sur les difficultés auxquelles se heurtent cette mise en oeuvre. En effet, la demi-heure hebdomadaire prévue pour cet enseignement ne semble pas avoir été dégagée dans tous les lycées, en particulier dans les séries de lenseignement technologique.
Les événements récents montrent pourtant à quel point cette mise en oeuvre est urgente. Les professeurs d'Histoire-Géographie, comme les autres enseignants, qui se sont engagés dans cette voie, demandent aux Recteurs d'Académies l'observation rigoureuse des mesures prises par le Ministère et publiées au Bulletin officiel du 25 juin 2015.

Le Président Jean-Philippe Genet et le Bureau de la Régionale d'Île-de-France de l'APHG.
Cette motion a été approuvée à l'unanimité par l'Assemblée générale.
Paris, Lycée Saint-Louis, le 29 novembre 2015.

Unis et Debout contre la barbarie - communiqué national, 14 novembre 2015

L'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie (APHG) condamne avec la plus grande fermeté les actes terroristes et sanglants perpétrés à Paris et à Saint-Denis dans la nuit du 13 novembre 2015. Elle s'incline devant la mémoire des nombreuses victimes et exprime toute sa compassion envers leurs familles.

L'APHG adresse son soutien à toutes celles et tous ceux qui continuent d'oeuvrer au bon fonctionnement de notre pays en ces heures douloureuses et apportent leur secours aux blessés, aux proches des victimes.

Dès lundi et comme après les attentats du mois de janvier, les Professeurs d’Histoire-Géographie et d'Enseignement Moral et Civique seront là pour entourer leurs élèves, les écouter, et répondre à leurs questions. L’Histoire, la Géographie, ces matières si précieuses pour la construction de l’autonomie politique et citoyenne, sont toujours présentes lorsqu’il s’agit d’expliquer et de contextualiser les désordres géopolitiques du monde et transmettre les valeurs républicaines qui sont notre socle commun : la tolérance, la liberté, l'égalité, la fraternité et la laïcité.

Le Président Bruno Benoit, les instances nationales et régionales de l’APHG

Paris, le samedi 14 novembre 2015.

Les mots du président

UNE ASSOCIATION NE PEUT FONCTIONNER QU'AVEC DE BONNES VOLONTÉS ; c’est pourquoi il est nécessaire que chacun d’entre nous participe davantage (actifs bien sûr, mais aussi retraités, étudiants), ne serait-ce que modestement et ponctuellement (coller timbres et étiquettes sur la « Lettre », participer à la journée annuelle de formation, faire un compte rendu ou un article pour la « Lettre » ou pour la brochure d’un voyage,… prendre position,…). Heureusement, nous avons d’excellents rapports avec les universitaires pour nos journées de formation (Anne Jégou pour la journée de géographie et Stéphane Gacon, membre du bureau, pour la journée histoire) et qui font un travail remarquable.
Chaque année un renouvellement partiel du bureau a lieu : toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, comme les idées neuves. Critiquer l’APHG est un bien, en démocratie, mais il faut aussi proposer et s’investir. Entrez dans le bureau de la Régionale !

Le gros chantier de l’année est la réforme du collège. Qu’en penser ? Une réforme était sans aucun doute nécessaire, mais pour quels objectifs ? Coller aux critères de l’OCDE ? (tout à fait d’accord pour les salaires !!).
Réduire les inégalités ? En démocratie, chacun doit pouvoir exprimer ses idées et opinions et, en général, si j’ai bien compris, la majorité l’emporte ; or, des anciens ministres de l’Éducation Nationale (de droite mais aussi de gauche !), des anciens recteurs (Morvan), plusieurs syndicats (qui sont majoritaires), des intellectuels (de droite, mais aussi de gauche), certains parents, … se sont prononcés contre cette réforme. Des syndicats minoritaires dont un essentiellement présent dans le primaire, un groupe d’histoire-géographie bien relayé par les médias (dont le nombre, non communiqué, est ridicule par rapport à l’APHG) sont pour. A-t-on quand même le droit de critiquer sans se faire traiter de réac ? A-t-on quand même le droit de réagir aux propos de la chef de cabinet (Florence Robine), propos qui dénotent un mépris total des professeurs ? Une volonté de classer (démentie, mais il y a des témoins) selon trois catégories : contre (le rebelle), indécis (le passif), pour (le progressiste).

En quoi l’histoire et la géographie sont concernées ?
Programmes : l’APHG a obtenu que la chronologie soit maintenue et qu’il n’y ait pas de sujet optionnel en histoire (bizarre, aucune polémique sur la géographie ; l’histoire est davantage un enjeu et la majorité de nos collègues sont historiens).
La mise en place des EPI (Enseignements pratiques interdisciplinaires) va se traduire par une réduction horaire disciplinaire, et c’est là où le bât blesse. En ce qui concerne les EPI, rien de neuf : l’on a connu les IDD et avant les Parcours diversifiés (les TPE en lycée); mais, pour les IDD, cela s’est accompagné de réductions horaires (comme pour les EPI), horaires que nous n’avons jamais retrouvé une fois la réforme abandonnée !
D’ailleurs, pourquoi y a-t-il eu abandon des IDD? Aucune évaluation. Sans doute ce n’était pas aussi bien que cela avait été vendu! Crainte aussi avec une accentuation des inégalités entre établissements en fonction desdits EPI avec l’autonomie des établissements. Pour l’APHG, les EPI ne sont nullement une réponse à ce recul horaire. La réforme est politique et non pédagogique. Avec seulement 2 heures hebdomadaires, comment approcher les fondamentaux spécifiques de nos disciplines ? C’est un affaiblissement de nos disciplines, malgré le fait que nos disciplines soient partie prenante des EPI. Inquiétude aussi pour le nouveau DNB (le Brevet) où il semble que l’Histoire et la Géographie (avec l’EMC= Éducation morale et civique) soit globalisée dans la note avec le Français. Faut-il y voir encore un moyen de faire disparaître le disciplinaire ?

Et, dans deux ans au plus tard, un nouveau ministre sortira une nouvelle réforme, toujours pour réduire les inégalités. Heureusement, comme l’écrivait notre précédant président (Gérard), que l’on a toujours le plaisir d’enseigner ; sauf que, lorsque l’on écoute dans les salles de professeurs, l’on entend, de plus en plus, un autre discours. Après la bienveillance (comme si nous l’étions pas), c’est réduire les inégalités ; quelle influence avons-nous sur la société ? Comme si les inégalités étaient récentes (et que, nous, professeurs, les avions créées ou augmentées du fait de nos conceptions disciplinaires) : tous les enfants n’entraient pas en 6ème lorsque j’y suis entré ! et tous ne se sont pas fait traiter de « résidus de 6ème 6 » ! J’aurais peut-être dû écrire les « maux » en titre !

Didier Doix, octobre 2015  

 

Après l'attentat de Charlie Hebdo - communiqué national, 7 janvier 2015

Les membres de l'APHG dénoncent tous ceux qui portent atteinte à la liberté d'expression et à la personne humaine, car cette dénonciation est au coeur de leur enseignement.
L'APHG est aussi depuis le mercredi 7 janvier Charlie. De plus, seule l’Ecole permettra, en accordant à tous les enfants de France quelles que soient leur origine et leur confession des savoirs communs, à dialoguer, à échanger et à défendre la liberté, l'égalité et la fraternité. L'Histoire et la Géographie participent fortement à l'intégration républicaine.

Le mot du président

TOUJOURS ET ENCORE...

Les attaques ne cessent pas contre nos disciplines et il faut se demander si, nous historiens et géographes, serons encore présents dans l'enseignement de nos disciplines à tous les échelons de l'éducation. Le socle, nouvelle version pour laquelle les professeurs ont été consultés récemment, prône encore davantage la pluridisciplinarité et nos disciplines y sont noyées dans au moins 3 des 5 « domaines » (qui pourront être validés pas d'autres que nous). Le découpage en cycles peut aussi nous interroger : le cycle 3 dit de « consolidation » regroupe CM 1, CM2 et 6ème ; la mise en place du conseil école-collège est là pour favoriser le rapprochement. À noter que dans le programme officiel, l'histoire et la géographie n'existent que dans le thème « culture humaniste » au même rang que la pratique artistique. Qu'en sera-t-il des programmes en cours
d'élaboration ?

L'on voit bien l'intérêt de ce découpage ; comme l'a écrit notre président Bruno Benoît : « Nos dirigeants n'ont pas compris l'importance de ces deux matières et les gèrent en fonction de critères de rentabilité budgétaire ou
idéologique immédiats ». Ma belle-fille se trompe en me disant que bientôt je vais aller enseigner en CM2, c'est elle qui va prendre ma place, d'abord en 6ème et si l'on suit l'idée de certains politiques, en 5ème! Socle, conseil école-collège, même combat! Une personne qui assure 24 h de cours coûte moins cher qu'une n'en assurant que 18, voire 15 ! sans compter que pour les emplois du temps, c'est génial. Oui, de l'histoire-géographie encore, mais pour combien de temps ?

Bien sûr, le lycée est à l'abri et donc les collègues ne se sentent pas concernés. Mais les changements du collège arrivent toujours ensuite au lycée ! C'est pourquoi nous sommes tous concernés, jusqu'à l'enseignement supérieur où le risque de voir tarir le nombre d'étudiants est pour bientôt.

Tous les rapports dénoncent la progression des inégalités, le recul dans le classement PISA : la France bat des records d'injustice. Que son école, prétendument pour tous, est d'abord faite pour une élite, mais se révèle incapable de faire réussir les enfants les moins privilégiés. Elle en est même de moins en moins capable. Mais comme l'écrit encore Bruno Benoît : « si l'Histoire et Géographie ne sont pas capables à elles seules de faire reculer ces inégalités, ce n'est pas en minimisant ces matières dans l'organigramme scolaire et de la formation des maîtres et professeurs que la lutte contre les inégalités pourra être gagnée ». Il faut ajouter, que d'une part, la dernière étude PISA porte principalement sur les mathématiques, compréhension de l'écrit et sciences,
et que d'autre part, dans un bon nombre d'établissements, faire cours est parfois bien difficile.
« ... Nous représentons le fondement même de la culture humaniste, celle qui est au cour du corpus républicain
que tous les politiques évoquent et appellent de leurs vœux », écrit encore Bruno Benoît. C'est pourquoi nous
devons nous mobiliser encore (et toujours) pour défendre nos disciplines, nos valeurs, notre conception du monde.

Didier Doix, novembre 2014  

 

Sujets d'Histoire-Géographie-Éducation civique 2013 : plus jamais çà !

L'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie (APHG) a pris connaissance des sujets scandaleux du Diplôme national du Brevet (DNB) de la session de juin 2013 en France métropolitaine, et des réactions indignées des professeurs d'Histoire-Géographie-Éducation civique, comme de nombreux élèves et parents d'élèves.

De nouveau, comme avec les sujets du Baccalauréat général, les leçons de fin de programme ont été privilégiées. Est-ce la volonté de mettre au pas un corps professoral qui n'a eu de cesse de dénoncer la lourdeur des nouveaux programmes ? En voulant contraindre les enseignants à une véritable course contre la montre pour terminer des programmes infaisables, ce ne sont pas les professeurs qui sont sanctionnés, mais les élèves qui sont punis. Les questions posées, abordées en fin d'année scolaire, au pas de charge et pour la première fois, n'ont pas pu bénéficier d'évaluations et de remédiations, susceptibles de réduire les écarts entre les élèves. Nous sommes inquiets devant la grande difficulté à laquelle seront confrontés, dès le lundi 1er juillet, les correcteurs de tels sujets.

L'APHG relève un manque de clarté de certains intitulés et des incohérences entre les programmes de 2008 et les consignes du DNB de 2012 1, de nature à déstabiliser les élèves et à provoquer des interrogations chez les professeurs. Nous demandons que soient évités les pièges dans les formulations des sujets, dans l'intérêt de tous.
Ainsi, en respectant les textes officiels, la question longue en Histoire aurait dû porter sur l'ensemble des crises de la Guerre froide. Dans la plupart des manuels, la guerre de Corée n'est qu'à peine évoquée. Un élève moyen de Troisième ne disposait pas de la matière suffisante pour rédiger sérieusement un développement structuré 2. En Géographie, c'est l'écriture de l'ensemble du sujet qui pose problème, comme le choix contestable des documents (le fond de carte et le tableau statistique sont peu convaincants). Il conviendrait d'éviter de donner aux candidats des documents de piètre qualité d'impression, comme en Éducation civique.
Les intitulés de certaines questions invitent davantage à la récitation qu'à une véritable réflexion des élèves.
Enfin, les documents proposés sont, pour l'essentiel, de nature journalistique et même publicitaire, tirés d'Internet, avec une question en Éducation civique sur la reconnaissance par les élèves des symboles des réseaux sociaux ! Ceci pose la question du statut de l'Histoire, de la Géographie et de l'Éducation civique comme disciplines scientifiques à l'École, fondées sur l'étude des sources originales.

L'APHG demande avec insistance une refonte du DNB dès l'année prochaine. Il doit reposer sur des programmes allégés immédiatement et, à terme, révisés. Nous recommandons une nouvelle écriture de l'épreuve d'Histoire-Géographie-Education civique du DNB. L'APHG, qui défend la parité entre nos disciplines, demande pour la question longue, à la fois en Histoire et en Géographie, qu'il y ait le choix entre deux sujets. La formulation des consignes doit veiller à favoriser la réflexion et l'éveil critique des élèves, qui sont les citoyens de demain.

Pour l'APHG, l'Histoire, la Géographie et l'Éducation civique doivent redevenir des priorités de l'Éducation nationale, à tous les niveaux d'enseignement. Les professeurs de ces disciplines, soucieux de valoriser avec bienveillance le travail effectué tout au long du collège par leurs élèves, exigent un examen national avec des épreuves à la fois faisables et ambitieuses, qui permettent une réelle égalité des chances et un accès de tous à une culture générale solide.

Fait à Paris, le 29 juin 2013
Le Secrétariat général de l'APHG (Béatrice Louapre-Sapir et Hubert Tison)

 

1 BOEN spécial n°6 du 28 août 2008 portant sur les nouveaux programmes de Troisième applicables en septembre 2012 et BO n°13 du 29 mars 2012, annexe II, concernant la mise en place du nouveau DNB.

2 Dans le texte de l’annexe du BO n°13 du 29 mars 2012, qui donne les consignes pour l’examen, à la rubrique « Connaissances et capacités », nous pouvons lire : « Cette étude doit permettre à l’élève (…) d’expliquer ce qu’a été la guerre froide à partir de la situation de l’Allemagne et de Berlin ». La grande majorité des professeurs n’a donc pas abordé, sauf de manière succincte et dans le cadre de la mise en contexte de la leçon, les crises de Cuba et de la guerre de Corée, qui ne figurent pas dans les repères attendus dans ce même texte. En revanche, ces deux crises figurent dans les «démarches» des programmes publiés en 2008.

 

Le mot du président

UN PAS EN AVANT, UN PAS EN ARRIÈRE, UN PAS SUR LE CÔTÉ ?

Non, ce n'est pas ce qu'a fait une partie du groupe au voyage à Cuba, mais c'est le cas des différents projets qui sont supposés être appliqués prochainement. Un jour, une annonce, un autre jour, une annonce différente... mais à chaque fois ce sont, sinon des menaces, du moins des inquiétudes par rapport à nos disciplines. La préoccupation principale semble être les économies et la démagogie.

Économie avec l'idée que les cours en 6ème soient assurés par les professeurs des écoles (et des propositions vont jusqu'à la classe de Sème !), professeurs qui souvent n'ont aucune formation disciplinaire, et ont au maximum suivi une option de quelques heures. Pourquoi? Pour éviter le traumatisme (encore faudrait-il le démontrer !) des enfants à leur arrivée en collège (mais pourquoi pas aussi un traumatisme à l'arrivée au lycée, à l'Université ?) ; tous ceux qui ont déjà eu des 6èmes peuvent au moins en sourire!

Démagogie car tous les élèves, en passant dans le même moule (ne sont-ils pas tous différents?), au même moment, doivent réussir. Quel professeur n'aurait pas le souci de la réussite de ses élèves ? C'est absurde ! Ainsi, tous les élèves doivent valider le « socle commun de connaissances, de compétences et de culture »,
mais il suffit que quelques items soient validés (par d'autres que nos collègues d'histoire-géographie) pour que la compétence le soit aussi; de plus, nos disciplines y sont largement diluées, et pour finir, les chefs d'établissement se préoccupent davantage de l'image de leur établissement (ah! les statistiques comparatives!) et d'éviter les difficultés avec les parents (mais mon fils n'a jamais redoublé ! 7 en français, 5 en math = passage en classe supérieure, en 2nde!). A-t-on lu les appréciations sur les bulletins? La validation du socle doit être l'obtention d'un DNB national, avec des épreuves anonymes, non corrigées par les professeurs des élèves comme c'est le cas actuellement, permettant ainsi une équité sur l'ensemble du territoire.

La démarche « curriculaire » (mot latin et notion passée par les États-Unis) remet en cause les savoirs disciplinaires : notre système ne serait plus adapté aux normes actuelles dans le cadre de la mondialisation (de l'Éducation) ; le président du Conseil supérieur des programmes parle de « champs disciplinaires plus larges que les disciplines traditionnelles » avec les cycles, et qu'« au collège les programmes ne saturent pas la totalité du temps scolaire ». L'on commence au collège (là où la réflexion est commencée) et l'on poursuivra au lycée ! Au Capes les coefficients des épreuves « professionnelles » sont plus importants que ceux des disciplines universitaires et la modification des décrets de 1950 va dans le même sens : remettre en cause les disciplines, et bien sûr, les nôtres.

Encore une fois, si nous, professeurs d'histoire et de géographie, ne défendons pas un enseignement de l'Histoire et de la Géographie de qualité pour nos élèves, qui d'autre va le faire? Trop souvent les coups proviennent de différents endroits/organisations, même de ceux supposés nous soutenir !

D'autre part, il faut rappeler qu'à L'APHG, nous sommes tous des bénévoles et, plus nous serons nombreux, plus les actions et les travaux seront facilités. Que soient remerciés les collègues qui donnent de leur temps pour assister aux réunions, faire des propositions, rédiger des comptes rendus (formation, voyages, livres), répondre aux enquêtes.

Didier Doix, juin 2014  

 

Après les allègements, quelle refondation ?

1) Les informations.

- le CSP (Conseil supérieur des programmes) a été mis en place en 2013 et est chargé de redéfinir les programmes.

- le calendrier du changement des programmes : 2015 pour le niveau 5ème (repoussé en 2016 en raison du retard pris par le CSP ?), 2016 (ou 2017 ?) pour le niveau 4ème, 2017 (ou 2018 ?) pour les niveaux 3ème et 6ème.

- mise en place du Conseil école-collège pour développer les relations à l’intérieur du cycle 3 (CM1, CM2, 6ème ) ; il y a déjà des exemples d’expériences de liaisons école-collège pour nos disciplines (travail en commun sur la leçon portant sur le christianisme entre professeurs des écoles et professeurs de collège de 6ème, sur le Monde romain). A noter que les professeurs des écoles ne passent plus une épreuve écrite d'histoire-géographie au concours et qu’ils n’ont que 12 heures de formation en Histoire-géographie.

- les propos récents tenus par le président du CSP dans le cadre d’une interview au Café pédagogique semblent annoncer une évolution vers un système curriculaire où les compétences sont privilégiées par rapport au contenu.
- Redéfinition du socle commun prévue par le CSP dès avril ce qui donnera des orientations pour les programmes du collège selon le président du CSP. 

2) Nos interrogations.
- quel nouveau découpage des programmes ?
- quelle articulation entre le CM2 et la 6ème ?
- qui est susceptible d'intervenir en fin du cycle 3 (6ème) ?
- quelle cohérence dans la coexistence de 2 programmes aux objectifs supposés différents ?
- quelle est la place du collège dans les enseignements disciplinaires entre l’école primaire et le lycée ?

3) Nos fondamentaux.

L'APHG réaffirme son attachement à la liberté pédagogique dans le cadre d’un programme national avec une évaluation nationale et une égalité territoriale.
Le contenu de l'Histoire, de la Géographie et de l'Éducation Civique, participe d'une construction de la cohésion sociale qui est un élément essentiel de la cohésion nationale. C'est pourquoi nous, professeurs d'histoire et de géographie, estimons être les mieux placés pour défendre les valeurs de la République dans le cadre d'une Éducation civique.

Nous défendons une approche chronologique, avec l'étude des 4 périodes historiques, des repères et du vocabulaire géographiques et un contenu scientifique de qualité.

L'enseignement doit répondre aux besoins de nos élèves, qui ont beaucoup changé ; la transposition adaptée des recherches universitaires, la maîtrise des savoirs fondamentaux et structurants favorisent l'accès de tous à une culture ouverte et à l'acquisition d'un esprit critique.

Le mot du président

FAUT-IL SE MONTRER SATISFAITS ? Le 27 août dernier l'APHG a été reçue à la Degesco et a été entendue : les programmes jugés unanimement trop lourds en 3ème et en Terminales ES et S sont allégés. L'APHG avait lancé des enquêtes nationales auxquelles adhérents et non adhérents ont plutôt mieux que d'habitude répondu au niveau national mais aussi en Bourgogne, reflet d'une inquiétude profonde; le premier état des lieux, en juin, faisait ressortir, parmi plusieurs points, l'absence catastrophique de chronologie en histoire en 3ème, des programmes non terminés ou bâclés à l'aide de polycopiés, de bourrage de crânes..., l'histoire nettement privilégiée (alors qu'il y a égalité horaire prévue), ... Or, que constatons-nous : les questions du DNB ont porté de façon privilégiée sur les fins de programmes (bien vu pour une première année de pratique !) et, bien que la moyenne académique ait baissé de plus de deux points, les résultats ont augmenté dans l'académie (+2,7%). Cherchons l'erreur ! 86,5% de réussite au DNB, 91,9% au bac séries générales alors que nos collègues se plaignent du niveau/travail ... (ou l'on entend qu'eux ?).

En même temps, les rapports de l'OCDE (on peut critiquer leur façon de mesurer, bien sûr) montre un recul de la France, un article du Monde (27 juin 2013) souligne la baisse du niveau des élèves (« La moitié seulement des écoliers et collégiens réussissent les tests d'évaluation, selon une étude de l'éducation nationale. Les collégiens en savent de moins en moins en histoire-géographie. [...], « un affaiblissement de l'assimilation par les élèves d'une culture scolaire géographique et historique, qui ne peut s'expliquer par un changement de programme », dit le ministère). Cherchons l'erreur! Le Monde de l'éducation rapporte (encore un étude de l'OCDE !) que « la France fait partie des pays avec le niveau d'indiscipline le plus élevé... » et qu'il y a une progression de celle-ci depuis 10 ans.

Quant aux chiffres donnés par les services du ministère de la Défense au sujet des tests de la Journée Défense Citoyenneté sur les difficultés de lecture, de compréhension...affolant ! Bien sûr, le monde change, les nouvelles technologies se développent, notre métier évolue... mais peut-on faire fi de ce que nous, professeurs
d'histoire-géographie, considérons comme des fondamentaux « pour décrypter le monde d'aujourd'hui en donnant à tous les jeunes, d'où qu'ils viennent, les repères indispensables à la formation générale des Femmes et des Hommes éclairés du XXIe siècle (communiqué national). Espérons être associés à la définition des nouveaux programmes et que ceux-ci « tiennent compte de la réalité de nos élèves, en privilégiant des savoirs et des compétences solides et cohérents « (communiqué national) ; exemple avec de la chronologie en histoire pour éviter des confusions monstrueuses (Vichy et la Résistance traités dans le cadre de la Seconde Guerre et non en fin d'année) ; de même en géographie, où en 3è-1, la population, l'immigration, le territoire national, les espaces ruraux disparaissent (ce n'était pas dans les demandes de l'APHG !) avec un recentrage sur l'économie.
Soyons vigilants et actifs.

Didier Doix, octobre 2013  

 

Le mot du président

DES ESPOIRS DÉÇUS

Les promesses, les engagements pris lors de la campagne électorale , en particulier sur les horaires et le rétablissement de l'enseignement obligatoire de l'histoire -géographie en TS , n'ont été que partiellement tenus. Une surprise ? L'on sait bien que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ! et les impératifs Budgétaires passent avant toute autre considération ! Le paradoxe est que les politiques s'appuient sur une partie de la population , que ce soit l'APHG ou « les classes moyennes » pour être élus, et qu'ensuite...

C'est l'APHG qui s'est battue, seule, pour le rétablissement de l'histoire - géographie en TS, et dans le groupe d'experts de la DGESCO, il n'y a qu'un membre de l'APHG.

Le minimum acceptable de 5 heures, entre première et terminale, passe à 4h30 ( 2h30 en lère S et 2h en S), alors que 5h30 étaient demandées . C'est « un recul historique et citoyen » souligne notre président Bruno Benoît. Une situation transitoire d'après les hauts fonctionnaires. Nous savons tous ce que cela sous-entend : ainsi en collège les horaires « fourchettes » ( je n'ai connu que la « fourchette basse » ) et les IDD, censés compenser la demi-heure perdue, ont été supprimés.

Déception aussi avec les programmes : des aménagements sont retenus pour la 1ère S, mais en 3ème , la « déstructuration de la chronologie ( censée être acquise à l'entrée en seconde) entraîne notamment l'absence de causalité historique pour les deux conflits mondiaux ainsi que le traitement de la vie politique de la France de 1917 à nos jours en fin de programme et hors de tout contexte. [...] Elle ne facilite pas l'acquisition des bases chronologiques et de la démarche historique » ( motion commission collège) avec comme conséquence la difficile participation des élèves au Concours national de la résistance et de la déportation : comment motiver les élèves alors que le thème n'est pas abordé ou que partiellement ?

Déception encore à propos des concours de recrutement où la dimension scientifique s'efface. Les programmes sont trop ambitieux au vu des horaires au rabais, trop éloignés des savoirs fondamentaux en histoire et en géographie, en particulier en géographie physique, souligne notre président national ; et de rajouter que la « satisfaction intellectuelle de faire de beaux programmes » se heurte au transfert avec des « horaires indécents dans des classes de plus en plus hétérogènes. Cette remarque est applicable de l'école primaire au lycée ».

C'est pourquoi , encore et toujours , il faut que l'APHG soit une force pour faire bouger les choses dans l'intérêt de nos élèves, pour leur «devenir professionnel [...] dans le monde qui sera le leur » et plus nous serons nombreux et motivés...

Didier Doix, avril 2013  

 

 

 

Vous retrouverez ici les prises de position de la Régionale

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Association des professeurs d'histoire et de géographie
Régionale de Bourgogne-Dijon
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Dernière mise à jour : 24
novembre 2018

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