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Nos prises de position


L'actualité nous amène régulièrement à exprimer le point de vue de notre Régionale. Ce site web est aussi une tribune pour faire connaître notre avis sur les sujets concernant l'enseignement de nos disciplines, et, hélas, souvent sur les menaces qui pèsent sur lui... Vous trouverez ci-dessous différents communiqués et éditoriaux récents. Si vous souhaitez, en tant que membre de notre association, vous exprimer ici, écrivez-nous !

La Régionale d’Île-de-France, par la voix de ses délégués nationaux, a présenté lors de l’Assemblée générale ordinaire de l’APHG du dimanche 29 novembre 2015 le vœu suivant :

A la demande du Ministère de l’Education nationale, un enseignement moral et civique a été mis en place à la dernière rentrée. Les enseignants ont accepté de s’engager dans ce nouvel enseignement, en dépit de la précipitation et de l’absence de moyens pédagogiques spécifiques.
En tant qu’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie, dans la mesure où ces enseignements ont souvent été confiés à des professeurs d’Histoire-Géographie, nous voudrions alerter l’opinion publique et tous les acteurs de l’Ecole sur les difficultés auxquelles se heurtent cette mise en œuvre. En effet, la demi-heure hebdomadaire prévue pour cet enseignement ne semble pas avoir été dégagée dans tous les lycées, en particulier dans les séries de l’enseignement technologique.
Les événements récents montrent pourtant à quel point cette mise en œuvre est urgente. Les professeurs d’Histoire-Géographie, comme les autres enseignants, qui se sont engagés dans cette voie, demandent aux Recteurs d’Académies l’observation rigoureuse des mesures prises par le Ministère et publiées au Bulletin officiel du 25 juin 2015.

Le Président Jean-Philippe Genet et le Bureau de la Régionale d’Île-de-France de l’APHG.

Cette motion a été approuvée à l’unanimité par l’Assemblée générale.

Paris, Lycée Saint-Louis, le 29 novembre 2015.

Conférence des associations de professeurs spécialistes – Communiqué du 7 décembre 2015
Non à des examens à deux vitesses !

Les associations signataires ont pris connaissance du décret n°2015-1351 du 26
octobre 2015 « modifiant les dispositions du code de l'éducation relatives à la
préparation aux examens des voies générale, professionnelle et technologique des
lycées et à la délivrance du baccalauréat ». Ce décret offre à tout élève ayant échoué à
l'examen du baccalauréat, du brevet de technicien, du brevet de technicien supérieur
et du certificat d'aptitude professionnel, le droit à une nouvelle inscription dans
l'établissement dont il est issu. Il étend en outre aux candidats scolarisés une
disposition qui, jusque là, était réservée aux candidats non scolarisés, aux candidats
présentant un handicap et aux sportifs de haut niveau : le droit de conserver pendant
cinq années le bénéfice des notes obtenues égales ou supérieures à 10 et de ne
repasser, à chaque session, que les autres épreuves.
Pour les raisons suivantes, les associations signataires sont opposées à ce décret :
 Au lieu de lutter effectivement contre l'absentéisme et le décrochage scolaire,
ce décret les institutionnalise. En effet, le redoublement dans l'établissement
dont les élèves sont issus en cas d'échec à l'examen devient un droit alors qu'il
était jusque-là une possibilité soumise à certaines conditions, en particulier
l'assiduité et le sérieux dont l'élève avait fait preuve durant l'année de
préparation à l'examen.
 Au lieu de lutter contre le consumérisme scolaire, le décret l'encourage. Il
autorise en effet les redoublants à ne suivre que les cours des disciplines dans
lesquelles leurs notes n'auront pas été suffisantes.
 Au lieu de remédier à l'échec scolaire, le décret achève de discréditer le
baccalauréat et les autres examens visés. Quel niveau réel ces diplômes
viendront-ils en effet certifier si certaines matières ont été validées plusieurs
années avant la réussite à l'examen ? On trompe les élèves en leur faisant croire
qu'ils pourront faire des études supérieures sur des bases aussi fragiles.
 En réintroduisant subrepticement la possibilité pour les candidats scolarisés
d'obtenir le baccalauréat professionnel en plus de trois ans, ce décret, sans le
dire explicitement, prend acte de l'échec de la réforme de 2009 qui avait
supprimé une année de préparation à cet examen. Mais au lieu d'y remédier par
des solutions efficaces, il ne propose qu'une mesure à moindre coût.
Les associations signataires considèrent par conséquent que les dispositions prévues
par ce décret sont des mesures de facilité qui n'aideront pas les candidats ayant
échoué aux examens à surmonter leurs difficultés et à acquérir un niveau solide. Si
son intention est de lutter réellement contre l'échec et le décrochage scolaires, le
ministère devrait songer à développer des dispositifs qui existent déjà et qui ont fait
leurs preuves, comme le MOREA qui permet aux élèves ayant échoué à l'examen et
perdu toute motivation de reprendre goût au travail scolaire en le préparant par
alternance.
Les associations signataires :
AFPE (Association Française des Professeurs d'Espagnol)
ANPBSE (Association Nationale des Professeurs de Biotechnologies Santé-Environnement)
APEG (Association des Professeurs d'Economie-Gestion)
APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et Langues Anciennes en Classes Préparatoires Littéraires)
APHG (Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie)
APLV (Association des Professeurs de Langues Vivantes)
APPEP (Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public)
APSMS (Association des Professeurs de Sciences Médico-Sociales)
APV (Associations des Professeurs de Vente et disciplines associées)
CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes)
SLNL (Société des Langues Néo-Latines)
UPBM (Union des Professeurs de Physiologie, Biochimie et Microbiologie)

Communiqué : Unis et Debout contre la barbarie

Chère collègue, cher collègue,

L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) fait part de sa très vive émotion après les attentats survenus à Paris et à Saint-Denis dans la nuit du 13 novembre et présente aux familles touchées ses condoléances. Elle a publié ce matin le communiqué ci-dessous :

Unis et Debout contre la barbarie - communiqué du 14 novembre 2015

L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) condamne avec la plus grande fermeté les actes terroristes et sanglants perpétrés à Paris et à Saint-Denis dans la nuit du 13 novembre 2015. Elle s’incline devant la mémoire des nombreuses victimes et exprime toute sa compassion envers leurs familles.

L’APHG adresse son soutien à toutes celles et tous ceux qui continuent d’œuvrer au bon fonctionnement de notre pays en ces heures douloureuses et apportent leur secours aux blessés, aux proches des victimes.

Dès lundi et comme après les attentats du mois de janvier, les Professeurs d’Histoire-Géographie et d’Enseignement Moral et Civique seront là pour entourer leurs élèves, les écouter, et répondre à leurs questions. L’Histoire, la Géographie, ces matières si précieuses pour la construction de l’autonomie politique et citoyenne, sont toujours présentes lorsqu’il s’agit d’expliquer et de contextualiser les désordres géopolitiques du monde et transmettre les valeurs républicaines qui sont notre socle commun : la tolérance, la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité.

Le Président Bruno Benoit, les instances nationales et régionales de l’APHG

Paris, le samedi 14 novembre 2015.

Les services de la Rédaction de l’APHG - Tous droits réservés. 14/11/2015.

APHG

 

 

Communiqué national:

Les membres de l’APHG dénoncent tous ceux qui portent atteinte à la liberté d’expression et à la personne humaine, car cette dénonciation est au cœur de leur enseignement.
L’APHG est aussi depuis le mercredi 7 janvier Charlie. De plus, seule l’Ecole permettra, en accordant à tous les enfants de France quelles que soient leur origine et leur confession des savoirs communs, à dialoguer, à échanger et à défendre la liberté, l’égalité et la fraternité. L’Histoire et la Géographie participent fortement à l’intégration républicaine.

(additif à l'éditorial)

A la suite des travaux de la commission collège, des propositions faites par les commissions pédagogiques réunies le samedi 6 juin 2015 et des débats au sein du Comité National, ce dernier a voté les positions suivantes :

Préambule d’opposition à la réforme du collège. Rappel de la Conférence des présidents. « On regrette… »
1 – L’écriture des programmes : (Contre : 0 voix ; Abstention : 2 ;
– Toutes les questions proposées sont obligatoires
– Présentation synthétique de certains contenus
– Liberté pédagogique de chaque professeur dans la mise en œuvre des pratiques (formulation à revoir)
2 - Basculer 1GM en 3e avec causalités pour les deux guerres (abstention : 2 voix)
3 - Pas de réforme en 1 an. Application progressive des nouveaux programmes.
4 – L’enseignement de l’Histoire-Géographie ne doit pas servir à écrire ni un roman national fantasmé, ni un roman mondial substitué.
5 – Les programmes doivent garantir l’apprentissage des repères et outils fondamentaux, en particulier en Géographie en 6e. Proscription de la conceptualisation à outrance en Géographie (ex. : mondialisation, développement durable).

DNB 2013: réaction indignée !

Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG)
Réaction et analyse de l’APHG à propos du Diplôme National du Brevet (DNB)

Sujets d’Histoire-Géographie-Education civique 2013: « Plus jamais çà ! »

 

L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) a pris connaissance des sujets scandaleux du Diplôme national du Brevet (DNB) de la session de juin 2013 en France métropolitaine, et des réactions indignées des professeurs d’Histoire-Géographie-Education civique, comme de nombreux élèves et parents d’élèves.

De nouveau, comme avec les sujets du Baccalauréat général, les leçons de fin de programme ont été privilégiées. Est-ce la volonté de mettre au pas un corps professoral qui n’a eu de cesse de dénoncer la lourdeur des nouveaux programmes? En voulant contraindre les enseignants à une véritable course contre la montre pour terminer des programmes infaisables, ce ne sont pas les professeurs qui sont sanctionnés, mais les élèves qui sont punis. Les questions posées, abordées en fin d’année scolaire, au pas de charge et pour la première fois, n’ont pas pu bénéficier d’évaluations et de remédiations, susceptibles de réduire les écarts entre les élèves. Nous sommes inquiets devant la grande difficulté à laquelle seront confrontés, dès le lundi 1er juillet, les correcteurs de tels sujets.

L’APHG relève un manque de clarté de certains intitulés et des incohérences entre les programmes de 2008 et les consignes du DNB de 20121, de nature à déstabiliser les élèves et à provoquer des interrogations chez les professeurs. Nous demandons que soient évités les pièges dans les formulations des sujets, dans l’intérêt de tous.
Ainsi, en respectant les textes officiels, la question longue en Histoire aurait dû porter sur l’ensemble des crises de la Guerre froide. Dans la plupart des manuels, la guerre de Corée n’est qu’à peine évoquée. Un élève moyen de Troisième ne disposait pas de la matière suffisante pour rédiger sérieusement un développement structuré2. En Géographie, c’est l’écriture de l’ensemble du sujet qui pose problème, comme le choix contestable des documents (le fond de carte et le tableau statistique sont peu convaincants). Il conviendrait d’éviter de donner aux candidats des documents de piètre qualité d’impression, comme en Education civique.
Les intitulés de certaines questions invitent davantage à la récitation qu’à une véritable réflexion des élèves.
Enfin, les documents proposés sont, pour l’essentiel, de nature journalistique et même publicitaire, tirés d’Internet, avec une question en Education civique sur la reconnaissance par les élèves des symboles des réseaux sociaux ! Ceci pose la question du statut de l’Histoire, de la Géographie et de l’Education civique comme disciplines scientifiques à l’Ecole, fondées sur l’étude des sources originales.

L’APHG demande avec insistance une refonte du DNB dès l’année prochaine. Il doit reposer sur des programmes allégés immédiatement et, à terme, révisés. Nous recommandons une nouvelle écriture de l’épreuve d’Histoire-Géographie-Education civique du DNB. L’APHG, qui défend la parité entre nos disciplines, demande pour la question longue, à la fois en Histoire et en Géographie, qu’il y ait le choix entre deux sujets. La formulation des consignes doit veiller à favoriser la réflexion et l’éveil critique des élèves, qui sont les citoyens de demain.

Pour l’APHG, l’Histoire, la Géographie et l’Education civique doivent redevenir des priorités de l’Education nationale, à tous les niveaux d’enseignement. Les professeurs de ces disciplines, soucieux de valoriser avec bienveillance le travail effectué tout au long du collège par leurs élèves, exigent un examen national avec des épreuves à la fois faisables et ambitieuses, qui permettent une réelle égalité des chances et un accès de tous à une culture générale solide.

Fait à Paris, le 29 juin 2013
Le Secrétariat général de l’APHG (Béatrice Louapre-Sapir et Hubert Tison)

 

1 BOEN spécial n°6 du 28 août 2008 portant sur les nouveaux programmes de Troisième applicables en septembre 2012 et BO n°13 du 29 mars 2012, annexe II, concernant la mise en place du nouveau DNB.
2 Dans le texte de l’annexe du BO n°13 du 29 mars 2012, qui donne les consignes pour l’examen, à la rubrique « Connaissances et capacités », nous pouvons lire : « Cette étude doit permettre à l’élève (…) d’expliquer ce qu’a été la guerre froide à partir de la situation de l’Allemagne et de Berlin ». La grande majorité des professeurs n’a donc pas abordé, sauf de manière succincte et dans le cadre de la mise en contexte de la leçon, les crises de Cuba et de la guerre de Corée, qui ne figurent pas dans les repères attendus dans ce même texte. En revanche, ces deux crises figurent dans les «démarches» des programmes publiés en 2008.


 

Après les allégements, quelle refondation ?

1) Les informations.

- le CSP (Conseil supérieur des programmes) a été mis en place en 2013 et est chargé de redéfinir les programmes.

- le calendrier du changement des programmes : 2015 pour le niveau 5ème (repoussé en 2016 en raison du retard pris par le CSP ?), 2016 (ou 2017 ?) pour le niveau 4ème, 2017 (ou 2018 ?) pour les niveaux 3ème et 6ème.

- mise en place du Conseil école-collège pour développer les relations à l’intérieur du cycle 3 (CM1, CM2, 6ème ) ; il y a déjà des exemples d’expériences de liaisons école-collège pour nos disciplines (travail en commun sur la leçon portant sur le christianisme entre professeurs des écoles et professeurs de collège de 6ème, sur le Monde romain). A noter que les professeurs des écoles ne passent plus une épreuve écrite d’histoire-géographie au concours et qu’ils n’ont que 12 heures de formation en Histoire-géographie.

- les propos récents tenus par le président du CSP dans le cadre d’une interview au Café pédagogique semblent annoncer une évolution vers un système curriculaire où les compétences sont privilégiées par rapport au contenu.
- Redéfinition du socle commun prévue par le CSP dès avril ce qui donnera des orientations pour les programmes du collège selon le président du CSP. 

2) Nos interrogations.
- quel nouveau découpage des programmes ?
- quelle articulation entre le CM2 et la 6ème ?
- qui est susceptible d’intervenir en fin du cycle 3 (6ème) ?
- quelle cohérence dans la coexistence de 2 programmes aux objectifs supposés différents ?
- quelle est la place du collège dans les enseignements disciplinaires entre l’école primaire et le lycée ?

3) Nos fondamentaux.

L’APHG réaffirme son attachement à la liberté pédagogique dans le cadre d’un programme national avec une évaluation nationale et une égalité territoriale.
Le contenu de l’Histoire, de la Géographie et de l’Éducation Civique, participe d’une construction de la cohésion sociale qui est un élément essentiel de la cohésion nationale. C’est pourquoi, nous, professeurs d’histoire et de géographie, estimons être les mieux placés pour défendre les valeurs de la République dans le cadre d’une Éducation civique.

Nous défendons une approche chronologique, avec l’étude des 4 périodes historiques, des repères et du vocabulaire géographiques et un contenu scientifique de qualité.

L’enseignement doit répondre aux besoins de nos élèves, qui ont beaucoup changé ; la transposition adaptée des recherches universitaires, la maîtrise des savoirs fondamentaux et structurants favorisent l’accès de tous à une culture ouverte et à l’acquisition d’un esprit critique.

 

 

 

 

 

ACTUALITÉS

OSONS LE DIRE
et
OSONS LEUR DIRE

Bruno Benoit, Président de l'APHG

Dans cet éditorial, je vais me permettre de multiplier les lettres ouvertes pour dire ce que le président de l’APHG a envie de dire à tous ceux avec qui l’APHG entretient, de près ou de loin, des relations, relations que l’association aimerait plus intenses quand celles-ci sont rares, plus apaisées quand celles-ci sont calomnieuses, encore plus amicales et étroites quand celles-ci sont déjà régulières et chaleureuses.
Mes cher(e)s collègues, tout ce que nous souhaitions, nous ne l’avons pas obtenu, malgré les promesses préélectorales et les combats menés avec détermination et mobilisation. Pour autant, l’APHG et son bureau national n’ont pas démérité, tant la rigueur et les oppositions ont pesé sur les décisions ministérielles. Une partie des lettres ouvertes qui suivent ont pour but de répondre à nos détracteurs et à dialoguer avec nos interlocuteurs habituels pour leur dire ce que je pense. Ma première lettre ouverte est pour vous.

Ma première lettre ouverte est adressée à mes ami(e)s membres de l’APHG

J’ose vous dire que la déception fut grande entre le 11 septembre 2012 qui ne fut pourtant pas une catastrophe ( !) et le 9 octobre date à laquelle le coup fut rude.

Le bureau national a été reçu par la Dgesco le 11 septembre pour discuter des horaires du bloc 1e S et TS et des programmes. Ce qui en était ressorti faisait état, ces deux classes sortant du tronc commun, qu’un total de 6 heuresétait impossible pour des raisons budgétaires, mais aussià la suite de pressions venues des matières scientifiques, voire d’une fédération de parents d’élèves, voire de certains syndicats. L’APHG se calait alors sur 5 heures 30 avec une répartition entre les deux classes qui n’était pas encore faite, total correspondant à l’horaire avant la réforme Chatel.
C’est pour cette raison qu’il n’était pas alors nécessaire de crier au scandale et de réclamer un horaire que depuis longtemps nous n’avions plus. Il est vrai que cet horaire de 5 heures 30 nous apparaissait comme confortable. Quant aux programmes, il y avait alors une double urgence. La première était de répondre aux attentes des collègues et
des élèves de 1e S qui sont confrontés à un programme, particulièrement en Histoire, peu cohérent et, qui plus est, trop vaste, le tout avec l’épreuve du Bac en fin d’année.
L’APHG a alors proposé un programme aménagé à l’Inspection générale, programme qui a pour but de redonner à l’enseignement de l’Histoire une cohérence chronologique, tout
en supprimant, tant en Histoire qu’en Géographie quelques questions. La seconde urgence était la rapidité avec laquelle le Ministère veut repenser le programme des 1e S et des TS. Le délai était court, deux mois, et qui plus est, les deux programmes devaient être élaborés, non pas successivement, mais de façon globale. L’APHG a réuni son conseil national le samedi 22 septembre et a proposé, dans une perspective globale, que la classe de 1e S ait un programme en Histoire à dominante chronologique et que pour la TS, le programme d’Histoire soit à dominante thématique, ce qui semble plaire et aux élèves et aussià de nombreux collègues, tout en précisant que le choix des questions doit permettre de mieux comprendre le monde dans lequel ces jeunes scientifiques vont évoluer. Le programme de Géographie garde sa dimension franco-européenne en 1e S et mondialo-politique en TS. La deuxième réunion, en espérant que celle-ci ne soit pas que la seconde, a eu lieu le mardi 9 octobre 2012. Nous nous étions concertés et appréhendions le volume horaire qui allait nous être annoncé. Nous avions convenu que 5 h serait la barre sous laquelle il ne faudrait pas descendre. Face aux cinq membres de l’APHG siégeaient les inspecteurs généraux MM. Wirth et Hagnerelle, une représentante de la Dgesco et une dizaine de collègues choisis par l’Inspection pour réfléchir sur les nouveaux programmes. C’est alors que nous apprenons que l’horaire attribué en 1°S est de 2 h !!!!! et de 2h 30 en TS, soit 4 h 30. Nous avons alors décidé de rester, mais notre réaction fut vive, argumentée et franchement critique. Après cette entrée en matière difficile et le constat d’un horaire indécent en 1°S, nous avons présenté nos réflexions, celles du groupe piloté par notre collègue Marie-Alice Hellmann, responsable de la Commission des lycées, pour les futurs programmes de 1°S et TS.

Il semble que certains - donc pas tous - de nos aménagements pour cette année soient pris en compte et ontété publiés au BO. Dès juillet 2012, l’APHG avait proposé de rencontrer la Dgesco qui n’a pas répondu et l’Inspection générale qui a estimé que se voir à la rentrée serait préférable. Que de temps perdu ! Malgré les atermoiements du ministère, une politique de dialogue constructif a permis d’engranger quelques succès et d’espérer, avant début décembre 2012 date butoir (1), que l’APHG et tous ceux qui pensent, avec raison, que l’Histoire et la Géographie sont des matières fondatrices de la formation citoyenne, comme nous l’avions dit dans notre Manifeste publié en avril 2012 à la suite de nos Etats généraux, puissent obtenir gain de cause. Tout n’est pas encore joué.
Quant au calendrier, il peut être le suivant et il semble s’inscrire, comme toute la politique du gouvernement, dans le quinquennat de François Hollande : 2012-2013 : Les 1°S conservent le programme actuel, mais ce programme est allégé - il en va de même pour les 1°ES e 1°L, selon une parution au BO. L’épreuve du Bac est maintenue en fin d’année.
Les TS ont vu l’option offerte dans tous les lycées et une partie non négligeable des élèves de Terminale ont choisi cette option cette année (environ 40%). Le programme étant inchangé.
2013-2014 : Les 1e S ont un nouveau programme selon, espérons le, les critères évoqués plus haut. Il n’y a plus d’épreuve du Bac en fin d’année. Il y aura aussi un nouvel horaire. L’option est maintenue pour les TS.
2014-2015 : Pas de nouveauté pour les 1e S, mais le changement est pour les TS qui ont un nouveau programme, un nouvel horaire et une épreuve écrite en fin d’année. Le nombre de questions doit être discuté. Les TS ont donc à nouveau un enseignement obligatoire et le Bac est en TS.
2015-2016 : Il sera bon de repenser la totalité des programmes, de la 6e à la Terminale. Bouleversement, adaptation, ajustement ? La commission des collèges et des lycées va lancer un vaste chantier à ce sujet en tenant compte des expériences pédagogiques et des avancées de la recherche scientifique.

 

Ma deuxième lettre ouverte est adressée au ministre de l’Education nationale, monsieur Vincent Peillon

J’ose lui dire que « Le changement, c’est demain… ». On se souvient pourtant tous et toutes du slogan de campagne de François Hollande : « Le changement, c’est maintenant ». Or, pour nous professeurs d’Histoire et Géographie, le changement c’est demain ! C’est pour cette raison que nous devons rester mobilisés, tout en étant lucides et réalistes. Nous avons remporté une bataille, mais le combat continue, et de façon urgente, quant aux horaires et au contenu des programmes pour la filière scientifique. Je demande à Monsieur Peillon de répondre aux courriers qui lui sont adressés et de recevoir le bureau de l’APHG, association responsable et représentative des professeurs d’Histoire et Géographie, afin que lui soit présenté, arguments à l’appui, le pourquoi de notre demande d’un horaire décent, soit 2h30, en 1°S en 2013-2014. Il serait regrettable que ce dialogue n’ait pas lieu et que s’instaure un malaise entre l’attente espérée et la réalité.
De plus, Monsieur le Ministre, le Président Hollande ne cesse de faire référence à l’Histoire : la reconnaissance du 17 octobre 1961, quelle date pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie ?... Ce serait une erreur monumentale qu’une partie des futurs cadres de la nation ignorent des pans de notre histoire et de l’histoire mondiale à caused’un horaire indécent en 1°S. Un peuple qui oublie son histoire risque de la revivre! Je reste persuadé que l’Histoire et la Géographie sont deux vecteurs d’intégrationà condition que les raisons budgétaires ou politiques ne viennent pas saborder cette mission.

Ma troisième lettre ouverte est adressée à l’Inspection générale et à la Dgesco
J’ose leur dire que l’APHG est une association raisonnable qui ne cherche pas à faire de la surenchère, mais qui, sans aucune visée corporatiste, défend un enseignement citoyen et républicain. Qu’elle sait offrir une véritable réflexion sur les programmes actuels en proposant des allégements/aménagements et est prête à s’asseoir autour d’une table pour les programmesà venir. Si hier, il ne fallait pas désespérer Billancourt,
il ne faudrait pas non plus, aujourd’hui, désespérer par des mesures horaires trop drastiques et par des programmes loin des préoccupations de la base professorale, les enseignants d’Histoire et Géographie. Pour l’APHG, l’Inspection générale est un interlocuteur privilégié, à condition que nous soyons entendus ! Si le groupe d’experts a été élargi, nous demandons au Ministère la constitution d’un plus vaste groupe de réflexion associant plusieurs partenaires sur le modèle de la commission Le Goff-Girault.

Ma quatrième lettre ouverte est adressée aux IPR
J’ose leur dire que les régionales de l’APHG comptent beaucoup, pour les formations mises en place, dans le cadre des académies, sur le soutien et la collaboration de l’Inspection pédagogique régionale. De plus, les IPR peuvent aider les régionales dans leurs initiatives culturelles en l’occurrence en facilitant leur participation aux commémorations locales, régionales ou nationales qui se préparent, telles celles de la Grande Guerre, mais aussi dans les stages de formation sur la mise en oeuvre des programmes, en facilitant la participation des collègues à ces stages (ordres de mission…). L’APHG a défendu le statut des IPR quant il était menacé. Osons dire que dans certaines académies, les obstacles mis pour contrarier les initiatives des régionales en matière de formation ont été contreproductifs. L’APHG rappelle qu’elle est très attachée à la liberté pédagogique du professeur et donc que le chemin pour mettre en oeuvre le programme, si celui-ci est respecté, soit libre Les IPR sont des historiens et géographes et leur adhésion à l’APHG est souhaitée. Un certain nombre d’entre eux sont de fidèles adhérents.

Ma cinquième lettre ouverte est adressée aux chefs d’établissement
J’ose leur dire de ne pas considérer l’ECJS comme une variable d’ajustement pour boucler les services de certains enseignants. Les professeurs d’histoire et géographie, sans en revendiquer le monopole, en sont les maîtres d’oeuvre, non par privilège, mais du fait de leur compétence et de la cohérence établie entre les nouveaux programmes d’ECJS et d’histoire-géographie pour les trois niveaux du lycée. C’est donc aux historiens et géographes que cet enseignement doit revenir en plus grande partie. Nous tenons à
remercier les chefs d’établissement quand ils facilitent les autorisations d’absence en cas de formation continue ou de stages de formation.

Ma sixième lettre ouverte est adressée aux parents d’élèves des classes scientifiques
J’ose leur dire, eux qui semblent peu enclins, particulièrement ceux qui militent à la FCPE, à ce retour de l’enseignement obligatoire de l’Histoire et Géographie en TS et qui sont pour un horaire indécent en classe de 1°S.
À ceux-là, j’ose dire qu’un futur ingénieur, banquier, cadre dans une entreprise, médecin, juriste ou économiste a besoin impérativement d’une culture civilisationnelle, géopolitique et mémorielle que l’Histoire et la Géographie lui procurent. De plus l’APHG a toujours, depuis sa création, oeuvré pour que tous les jeunes, même dans l’enseignement professionnel, reçoivent le même enseignement en Histoire et en Géographie, base du vivre ensemble républicain. Pour être citoyen du monde dans lequel il va évoluer, l’élève de 1°S a besoin de connaissances historiques et géographiques qui ouvrent l’esprit, donnent du recul à la réflexion et forment à la tolérance.
L’Histoire et la Géographie ne sont pas un poids pour un élève de S, mais plutôt un sésame d’honnête homme du XXIe siècle pour sa vie post-bac. Je demande aux parents d’élèves de bien prendre cela en compte et de soutenir la demande de l’APHG d’un horaire de 2h30 en 1°S. Parents aujourd’hui et grands parents demain, voulez vous que vos enfants et petits enfants ignorent une partie de ce que fut votre histoire, celle du pays et du monde dans lequel vous avez vécu !
L’APHG a demandé des allégements pour cette année et des aménagements pour les futurs programmes pour qu’ils soient cohérents et moins lourds ; d’autre part, elle recommande à ses adhérents et à tous les enseignants qui corrigent le Bac de valoriser les bonnes copies et avoir une notation adaptée au profil de l’élève. L’épreuve d’Histoire et Géographie au Bac ne doit pas être une guillotine, mais une épreuve où l’on évalue une réflexion et une capacité à organiser des connaissances.

Ma septième lettre ouverte est adressée aux collègues qui ne sont pas adhérents à l’APHG
J’ose leur dire, eux qui lisent notre revue, que la revue Historiens et Géographes n’existerait pas sans cette association qui a besoin de rassembler le plus de collègues possible, car son écho auprès des pouvoirs publics et dans la société civile tient à sa surface sociétale, ce qui se décline en nombre d’adhérents. Son action récente pour la filière scientifique a montré sa capacitéà se faire entendre. Dites le haut et fort aux collègues qui ne sont pas encore membres de l’APHG que cette association a fait échouer la réforme Chatel qui visait à marginaliser l’Histoire et la Géographie pour les filières scientifiques.
Elle a aussi besoin, elle fonctionne sans subvention, de vos cotisations et de vos abonnements. Je demande donc à chaque régionale d’agir en faveur d’un plus large recrutement en placardant en salle des professeurs des affiches évoquant notre combat de l’an passé, nos objectifs et notre ancienneté, non pas dans une défense corporatiste mais dans une mise à la disposition des enseignants de l’école primaire à l’Université de tous les outils scientifiques et pédagogiques pour permettreà tous les élèves et étudiants d’être de futurs citoyens responsables.
Je m’adresse particulièrement aux professeurs de classes préparatoires et aux universitaires qui ne semblent pas être très présents dans notre association. Je les invite à nous rejoindre, l’APHG n’est pas qu’une association des professeurs du secondaire et du primaire. L’APHG s’est mobilisée fortement pour une amélioration - une année de stage - de la formation des jeunes ayant réussi les concours, ce qui est acté par le Ministère de l’Enseignement supérieur ; elle s’est battue pour que les programmes de Capes et d’Agrégation convergent à nouveau ; elle a milité auprès des instances ministérielles pour une augmentation des postesà l’Agrégation, ce qui semble être le cas cette année ; elle soutient toutes les associations de spécialistes du Supérieur et du Secondaire, aussi bien en Histoire qu’en Géographie, mais aussi dans de nombreuses disciplines pour qu’une réforme des concours repose sur une véritable concertation(2).

Ma huitième lettre ouverte est adressée aux collègues des autres matières enseignant dans les classes scientifiques
J’ose leur dire que le lycée n’est pas un champ d’affrontement et que ce n’est pas en diminuant l’horaire d’Histoire et de Géographie que les matières scientifiques seront mieux servies, voire mieux appréhendées par les élèves. J’appartiens à ceux qui pensent que le monde enseignant est un monde solidaire et que les matières enseignées participent, chacune à leur façon, à la formation aussi bien professionnelle
qu’humaine des jeunes que nous avons devant nous. La concurrence entre les matières n’a pas sa place à l’Ecole, laissons cela à plus tard !
Beaucoup de scientifiques nous ont soutenu et ont signé notre appel de 2010 contre la suppression de l’Histoire et la Géographie en Terminale(3). L’Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public et l’APHG ont plaidé en vain au Ministère pour que la culture scientifique soit prise en compte en 1°L et TL et que la culture historique et géographique reste une référence forte en 1°S et TS.

Ma neuvième lettre ouverte est adressée aux syndicats
J’ose leur dire que les syndicats, dont les combats ont enrichi l’histoire de la question sociale en France et ailleurs, devraient tourner plusieurs fois la langue dans leur bouche
avant d’émettre des oukases contre l’Histoire et la Géographie en termes d’horaires, voire de programmes. Qu’ils consultent leurs adhérents qui sont aussi professeurs d’Histoire et de Géographie avant de se prononcer et j’aime à leur dire que ces matières sont les seules à pouvoir donner de la profondeur chronologique et territoriale à la réflexion qu’un adolescent est amené à se poser, surtout quand il vient d’un milieu peu favorisé.
Les syndicats représentent, depuis l’après guerre, le monde enseignant au CSE. L’APHG a toujours entretenu des relations normales avec la plupart d’entre eux. Mais comment qualifier deux syndicats (4) qui ont osé soutenir la suppression de l’histoire et de la géographie en Terminale scientifique et se sont même opposés à l’option !!!!! Qu’un important syndicat ait fini par demander le retour de l’histoire et de la géographie en Terminale S, c’est heureux, mais ait proposé un horaire insuffisant en TS, c’est pour le moins fâcheux, pour ne pas dire peu admissible de la part d’une organisation syndicale (5) !

Ma dixième lettre ouverte est adressée aux responsables d’Aggiornamento
J’ose leur dire, eux qui ne cessent de se répandre en attaques fielleuses contre l’APHG et son secrétaire général Hubert Tison, qu’en fait de rénovation de l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie dont ils se croient et se disent les porteurs, ils ne sont que des porteurs de verbes qui nuisent à nos matières. À propos de rénovation, ils n’ont qu’à lire la revue de l’APHG, Historiens et Géographes, qui a toujours été à la pointe de la réflexion scientifique et pédagogique. J’ose dire que la chronologie et le récit ne sont pas réactionnaires, tout au contraire ils permettent de structurer et d’humaniser un enseignement. Il n’est pas non plus nécessaire d’évoquer l’appartenance sexuelle des personnages historiques pour lutter contre l’homophobie, car il y a bien d’autres moyens pour être un enseignant porteur de tolérance. Être vraiment un « aggiornamentiste » est tout le contraire d’être un inquisiteur délivrant des attaques mal
fondées, voire haineuses contre l’APHG qui, depuis plus de 100 ans, a défendu non des privilèges, car l’APHG est fille de la nuit du 4 août, mais une vision républicaine, humaniste et évolutive de l’Histoire et de la Géographie et des publicsà qui elle a à faire. De plus, l’APHG n’est pas entourée de barrières et nous ne sommes pas corporatistes. Cette association est ouverte à tous les dialogues, à condition qu’ils soient constructifs et entre gens de bonne volonté.

Ma dernière lettre ouverte s’adresse à l’opinion publique, aux medias et aux élus qui veulent bien m’entendre
J’ose dire que l’Histoire et la Géographie ont leur place dans la société de tous les jours, car ces deux matières permettent de décrypter les discours politiques, de mieux comprendre les enjeux entrepreneuriaux et d’éclairer les messages souvent tronqués, que nous assènent les différents médias. J’invite les medias à davantage nous consulter, nous interviewer et à débattre avec nous.
L’APHG est très attachée à la représentation nationale, au rôle du Parlement en matière de grandes orientations de l’enseignement. Elle remercie tous les élus qui nous ont soutenu et nous souhaitons qu’ils veuillent bien prendre en compte dans un contexte économique difficile nos demandes raisonnables en matière de programme et d’horaires.
De plus, j’annonce à l’avance, pour que vous soyez nombreuxà venir et à faire connaître les Agoras, que les Journées nationales de l’APHG (Agoras), organisées par la Régionale d’Aquitaine se tiendront à Bordeaux entre le 28 et 31 octobre 2013.

1 Réunion du CSE où seront débattus les futurs programmes de 1°S et TS, mais aussi les horaires de façon définitive.

2 La conférence des associations des professeurs spécialistes du secondaire, le Forum des sociétés savantes.
3 Voir la mise en ligne de cet appel sur le site national de l’APHG, www.aphg.fr
4 SGEN et UNSA. Deux syndicats le SNALC et SUD ont proposé des horaires décents.

Lyon, le 3 novembre 2012

 

 

Communiqué du secrétariat national de l'APHG du 29 octobre 2012

L’action de l’APHG a permis le rétablissement de l’Histoire -Géographie en TS à titre obligatoire à la rentrée 2014.
Lors d’une réunion avec le groupe d’experts sur les programmes futurs de Premières S et de terminales S nous avons appris que les horaires de 1ères S seraient de 2 heures en 1ère S et de 2h 30 en Terminale .Un texte sera envoyé aux recteurs . C’est inacceptable ! Tout horaire en dessous de 5 heures pour les deux niveaux est indécent.
Le Bureau national a décidé de demander une audience auprès du Ministre de l’Education nationale, d’alerter à nouveau tous les parlementaires sur cette situation, de faire part de notre position et opposition aux syndicats qui font parte du CSE ( Conseil Supérieur de l’Education) .
Les échéances sont très courtes. Tout sera décidé début décembre.
Les régionales ont un très grand rôle à jouer à nouveau aux côtés du national. Nous vous demandons d’alerter le plus vote possible à l’échelle départementale , régionale les syndicats d’enseignants, les parents d’élèves et les autorités académiques , les politiques et les media régionaux .Il est important de faire remonter au sein des syndicats d’enseignants qui siègent au CSE ( SGEN , SNALC , SUD , SNES , UNSA) et aux syndicats de parents (FCPE , PEEP ) notre position argumentée.
Notre combat n’est pas corporatiste. Nous voulons donner à tous les lycéens une formation historique et géographique leur permettant de comprendre les enjeux de notre temps.

Mobilisons, battons nous pour des horaires décents en classes scientifiques.

Le secrétariat général de l ‘APHG
Béatrice Louâpre -Sapir , Claude Ruiz , Hubert Tison

 

APHG Journée de formation du 26 mars 2014
Université de Bourgogne Campus Montmuzard Amphithéâtre de la MSH

9h Accueil et introduction
9h25- 10h25: Christian STEIN, Maître de conférences d’histoire romaine à l’université de Bourgogne
L’enseignement du fait religieux en France: état des lieux dix ans après le rapport Debray
Discussion
10h40-11h40: Françoise BRIQUEL‐CHATONNET, Directrice de recherche au CNRS (UMR 8167– Orient– Méditerranée– Mondes sémitiques)
L’écriture de la Bible : nouvelles perspectives
Discussion
14h‐15h: Sabine LEFEBVRE, Professeur d’histoire romaine à l’université de Bourgogne
Les débuts du christianisme face à l’Empire romain
Discussion
15h15-16h15: Capucine NÉMO‐PEKELMAN, Maître de conférence en histoire du droit à Paris‐Ouest
La condition des Juifs dans l’Empire romain et au début du Moyen Âge
Discussion
16h45: conclusions

APPEL POUR LE MAINTIEN
DE L'HISTOIRE-GÉOGRAPHIE OBLIGATOIRE
EN TERMINALE S :

Cliquez sur ce lien

Cliquez une seule fois SVP (pour éviter les doublons, qu'il faut ensuite effacer à la main).
Après avoir complété et "envoyé" le formulaire, vous verrez s'afficher un message de Google docs
attestant que votre réponse a bien été enregistrée dans la "feuille de calcul" de l'APHG (= liste des signataires).

Liste des signataires

 

 

Editorial d'avril 2012: Restons mobilisés

Etats Généraux de Paris

Un succès...... à transformer !

Avez-vous signé la pétition nationale ? Déjà plus de 27 000 signatures !

Il n'est pas trop tard: suivez le lien

 

Images des Etats-généraux

de gauche à droite: Béatrice Louabre-Sapir (secrétaire nationale), Robert Marconis (ancien président), Eric Till (secrétaire national), Jean-Noël Jeanneney (président des Etats-Généraux), Bruno Benoit (président de l'APHG), Franck Collard.

une partie de l'assistance

Messages de soutien de politiques (Parti de Gauche et Modem)

 

reportage sur TF1

Le MANIFESTE des ETATS GENERAUX (à diffuser!)


 

message de l'APHG-Bourgogne du 9 février 2011 :

contre le regroupement d’élèves
de  ES - L  et  S  en première

 

 

 

Editorial d'avril 2012: Continuités

Les programmes: première et terminale

Éditorial du 10 juin 2011 - PASSAGE DE RELAIS

Éditorial du 17 mars 2011 - NOTRE FORMATION CONTINUE EN DANGER

QUEL AVENIR POUR LES SECTIONS EUROPÉENNES ? par Jean Delhomme (24 février 2011)

Article HORAIRE DE COURS de l'Abécédaire du Centenaire de l'APHG - novembre 2010

Éditorial du 4 septembre 2010 : LONGUE VIE À L'APHG, LONGUE VIE À LA RÉPUBLIQUE !

Éditorial du 25 juin 2010 : FORMATION INITIALE DES ENSEIGNANTS : UN DISPOSITIF ABERRANT ET NOCIF

Éditorial du 15 février 2010 : NOS DISCIPLINES MÉPRISÉES

NOUVELLES DU FRONT : L'HISTOIRE-GÉOGRAPHIE DANS LA RÉFORME DES LYCÉES (10 février 2010)

Éditorial du 15 octobre 2009 : NE TIREZ PAS SUR LE PROF DE GÉO  !

Éditorial du 20 juin 2009 : LES EXAMENS, C'EST SÉRIEUX !

Éditorial du 10 février 2009 : AGRESSIONS ET MANŒUVRES

GRANDS MOTS ET GROS MOTS par Yves Boquet et Maurice Carrez (5 février 2009)

Éditorial du 12 octobre 2008 : LE LYCÉE, ENCORE !

INQUIÉTUDES POUR LES CONCOURS DE RECRUTEMENT par Yves Boquet et Maurice Carrez (12 octobre 2008)

ET LE COLLÈGE ? (12 octobre 2008)

Éditorial de juin 2008 : RÉFORME DES LYCÉES : UNE CONCERTATION INDISPENSABLE !

VIGILANCE NÉCESSAIRE À PROPOS DES CONCOURS DE RECRUTEMENT (mars 2008)

Éditorial de mars 2008 : LES INITIATIVES DANGEREUSES DE M. SARKOZY

À PROPOS DE LA LETTRE DE GUY MÔQUET (septembre-octobre 2007)

Éditorial d'octobre 2007 : L'AMPLEUR DE LA TÂCHE

 

Restons mobilisés !
Rien n’est réglé, malgré l’action, enfin forte, de l’APHG au niveau national : les États-généraux ont été une réussite, bien que les médias, en particulier télévisés, ne les aient pas couverts, à une exception près. Pourquoi ? En cette période de pré-campagne, l’avenir de la jeunesse n’est-il pas un sujet fondamental? L’APHG a eu le soutien de diverses associations concernées par l’histoire, certaines figures « historiques » étaient présentes malgré leur grand âge, des politiques aussi se sont sentis concernés ; ainsi un candidat (longtemps 3ème dans les sondages) est venu
spontanément soutenir les revendications de l’APHG, tout comme le représentant d’un autre parti (maintenant considéré comme le 3ème dans les sondages).
Rien n’est réglé : après les élections, il nous faudra soit rappeler les engagements pris, soit poursuivre notre opposition à la mise à mal de l’enseignement de l’histoire et de la géographie. Que ce soit pour la formation initiale ou continue, que ce soit pour des « programmes faisables, cohérents et donc supportables pour les élèves » (Bruno Benoit), que ce soit pour que nos enseignements ne soient pas réduits à un minimum vital, il nous faut rester mobilisés. Comme le souligne une analyse parue dans Le Monde du 6 avril 2012, (Nathalie Mons, Maître de conférence en sociologie), il y a une lente déconstruction du collège (territoriale et pédagogique), «l’objectif de démocratisation de l’enseignement est aussi remis en cause». Au travers des atteintes portées à l’histoire et à la géographie, c’est l’Égalité républicaine qui est menacée avec une vraie égalité des chances (et non pas proclamée) à la fois sociale et géographique. La culture doit-elle être réservée à une élite, sociale et géographique ? Quels enseignements nous donne le « classement des lycées » dans la presse !
Modestement, notre régionale agit ; ainsi la journée de formation du 28 mars, soutenue par l’Inspection avec l’inscription au PAF, a été un succès. Nous avons « besoin de mises au point scientifiques renouvelées » (Bruno Benoit). Malheureusement nous avons eu peu de retours en ce qui concerne l’option en TS. Pourtant, qui d’autre que nous est en première ligne pour défendre nos enseignements ? où est la passion pour nos disciplines, passion qui nous a fait choisir ce métier ? C’est pourquoi, restons mobilisés, pour défendre l’histoire et la géographie, de l’Université à l’école primaire !
Didier Doix

CONTINUITÉS...
Notre ami Gérard Déclas, comme il nous l’annonçait dans l’éditorial de la lettre n°61, est parti pour de nouvelles aventures au lycée Carnot. Nul doute qu’il trouvera à y investir l’énergie et la passion d’historien et de géographe que nous lui connaissons.
Mais enfin il nous faut continuer la tâche entreprise, à un moment où des échéances décisives s’annoncent, dont dépendent entre autres l’avenir de nos disciplines et plus largement la politique éducative que le pays souhaite pour sa jeunesse. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes résolus à prendre sa (difficile) succession.
En effet il y a urgence, et ce ne sont pas les dernières études de l’OCDE qui nous démentiront. Le journal Le Monde du 13/09/2011, dans un article reprenant les conclusions d’un rapport de l’OCDE, confirme ce que nous savions intuitivement : la France, à la différence des pays développés comparables, consacre une part moindre de sa richesse à l’éducation, notamment à la rétribution des ses enseignants. Et cette différence s’aggrave avec la politique actuelle, qui, sous couvert de RGPP, a supprimé 80000 postes depuis 2007. Les conséquences sont logiques : En France, le taux de scolarisation des 15-19 ans a baissé depuis quinze ans.«Le poids des inégalités sociales est toujours aussi fort pour expliquer les performances moyennes des élèves à l’âge de 15 ans en France», a aussi constaté l’OCDE dans un rapport récent.
Les atteintes spécifiques à nos disciplines s’inscrivent dans cette politique à courte vue : disparition de l’Histoire-Géographie en Terminale S, enseignement de la Géographie menacé à moyen terme (voir le cri d’alarme de Rémy Knafou dans le Monde du 4 octobre), chute du nombre de candidats aux concours de recrutement…
Avec la présidentielle, l’année scolaire 2011-2012 sera celle du «choix» entre un modèle éducatif libéral et un modèle républicain, prévient un dirigeant syndical. En effet les enjeux sont clairs et, dans ce débat, l’APHG sera, comme toujours, aux côtés de ceux qui voudront refonder une école républicaine à même d’offrir à la jeunesse la formation à laquelle elle a droit . A ce titre, les Etats-Généraux de l’Histoire et de la Géographie, organisés par l’APHG le 28 janvier 2012, permettront de rappeler le rôle essentiel qu’elles jouent dans la formation des futurs citoyens.
A notre niveau, en Bourgogne, nous accompagnerons le travail entrepris sur le plan national, tout en poursuivant nos actions habituelles. Ainsi la journée de formation du 28 mars 2012, consacrée à « L’homme et la machineà l’époque des « révolutions industrielles ». Cette année cette journée est à nouveau prise en charge dans le cadre du PAF, ce qui devrait permettre à un maximum de collègues d’entendre des interventions d’universitaires sur un thème en relation avec les nouveaux programmes de première générale. Un célèbre éditorialiste politique dissertait ces jours derniers sur une nouvelle demande étatique après 30 ans de néolibéralisme. L’Etat ne serait plus « le problème mais la solution »… puisse-t-ilêtre entendu pour ce qui est de l’Education en France !
Jean-Marc Bonnefoy et Didier Doix

Programmes du lycée

PROGRAMMES DE SECONDE :

Les responsables de l'APHG nationale ont rencontré, dans l'urgence, l'Inspection Générale
sur les nouveaux programmes de lycée (en particulier ceux de seconde) le 8 janvier 2010.
Vous découvrirez les grandes lignes du projet de programme ici.

Dans la semaine qui a suivi, nous avons consulté les collègues en lançant un appel sur ce site.
Merci à celles et ceux qui nous ont fait parvenir des contributions.
Voici la synthèse que nous avons fait parvenir à l'APHG nationale le 17 janvier 2010.

Le 27 janvier, le ministère a "mis en consultation" la version officielle du projet de programme de seconde.

L'APHG nationale a rédigé le 22 mars 2010, à partir des remarques des Régionales,
un avis destiné à l'Inspection Générale, que voici.

Le programme définitif de l'enseignement commun Histoire-Géographie de 2nde, publié au B.O. du 29 avril 2010,
a tenu compte de certaines remarques de l'APHG en offrant davantage de choix aux collègues dans le traitement
des sociétés médiévales, en permettant une étude des contacts entre civilisations en histoire moderne,
et en allégeant quelque peu le poids idéologique du "développement durable" en géographie.

Enfin, le 30 juin 2010, l'Inspection Générale a publié de très utiles fiches de ressources
pour la mise en oeuvre du programme, téléchargeables sur Eduscol.

Voir aussi les programmes d'enseignements d'exploration littérature & société et création & activités artistiques.

Les programmes d'E.C.J.S. de seconde ont fait l'objet d'un arrêté le 21 juillet 2010.
Ils n'entreront en application qu'à la rentrée 2011 (documents d'accompagnement).


PROGRAMMES ET EXAMEN DE PREMIÈRE :

L'APHG nationale a reçu le 21 avril du Ministère les grandes lignes du projet de programme de première.

Le projet de programme a été "mis en consultation" le 3 mai 2010.

Nous avons consulté les collègues en lançant un appel sur ce site ; merci à celles et ceux qui nous ont répondu.
Voici la synthèse que nous avons envoyée à l'APHG nationale le 21 mai 2010.

Le National a pris en compte les remarques des Régionales, les travaux de la commission des lycées et les délibérations du Comité national du 6 juin 2010 pour présenter ses critiques et propositions au groupe de travail.

Le programme définitif de l'enseignement commun histoire-géographie de première,
qui n'a guère tenu compte de nos remarques et suggestions, a été publié au Journal Officiel le 28 août.

Le B.O. du 3 février 2011 a publié les modalités des épreuves du baccalauréat de fin de première S.

Les documents d'accompagnement pour le programme de première sont parus début juillet.

Le programme d'E.C.J.S. a été publié le 26 mai 2011.
Il entrera en application à la rentrée 2011 (documents d'accompagnement).

 

PROGRAMMES ET EXAMENS DE TERMINALE :

Une délégation de l 'APHG nationale a été reçue les 23 novembre 2010 et 2 mars 2011
par l'Inspection Générale, qui lui a fait part de l'état de ses réflexions sur les nouveaux programmes.
Elle a proposé des modifications qui ont été en partie prises en compte.

Le projet de programme d'histoire-géographie pour les voies ES et L et pour la voie S
a été "mis en consultation" le 7 mars 2011, ainsi que le projet de programme d'ECJS.

Nous vous avons invités à nous faire part de vos avis dans l'espoir d'amender ce programme
dans le sens souhaité par les collègues. Merci pour vos contributions.
Nous en avons fait parvenir la synthèse à l'APHG nationale le 17 mars 2011.

Après une nouvelle rencontre le 24 mai entre l'APHG et l'Inspection générale (synthèse),
il sera publié très prochainement, suite au Conseil Supérieur de l'Éducation des 9 et 10 juin,
avec des modifications dont certaines ont été inspirées par l'APHG.

On attend également la parution du programme d'E.C.J.S.


Éditorial du 10 juin 2011 - PASSAGE DE RELAIS

Voici, chers amis, mon dernier éditorial :
Après quatre ans passés à la présidence de la Régionale, je quitterai mes fonctions à la fin de cette année scolaire, non, bien sûr, par lassitude ou par ennui (!), mais parce qu'une lourde charge de travail m'attend désormais en classes préparatoires. Je tiens à remercier chaleureusement le Bureau pour toutes les actions menées à bien dans des domaines fort variés, et toujours avec bonne humeur, dans une période difficile... Je reste évidemment membre de l'A.P.H.G. à laquelle je suis très attaché.

Depuis longtemps – le Bureau en est témoin – je voulais rédiger un mot du président plein d'optimisme, qui devait s'intituler "le plaisir d'enseigner"… Hélas, depuis 2007, chaque trimestre nous a apporté son lot de mauvaises nouvelles et l'occasion d'une grosse colère supplémentaire. La politique de désengagement de l'État et de dérégulation forcenée, les attaques répétées contre nos conditions d'enseignement, notre formation, nos horaires, nos programmes, nos valeurs… ont été dévastatrices, au collège, au lycée et à l'Université. Face à un tel déferlement de mesures nocives, nos actions n'ont pas réussi, reconnaissons-le, à maintenir l'attractivité de notre métier, l'efficacité de notre enseignement et le rang de nos disciplines. Nous éprouvons au moins la fierté d'avoir été combattifs.

Je suis particulièrement heureux de passer le relais dans un climat beaucoup plus favorable à l'action dans une A.P.H.G. nationale revivifiée. Des Régionales "offensives" comme la nôtre ont certainement joué un rôle dans le repositionnement qui s'opère depuis quelques mois au sein des instances dirigeantes de notre association. Les États Généraux de l'Histoire et de la Géographie annoncés lors du Comité National du 22 mai pour le 28 janvier 2012 sont une chance à saisir pour nous rendre plus lisibles et plus efficaces au seuil d'une année électorale décisive. Nous devrons nous y faire entendre !

Je souhaite de tout cœur bonne chance à notre nouveau président national Bruno Benoît, dont l'appel à la mobilisation a été accueilli avec enthousiasme par le Comité National. À la tête de la Régionale Bourgogne , deux co-présidents, Marie-Josèphe de Bergh et Didier Doix, et un secrétaire, Jean-Marc Bonnefoy, prennent la relève ; Jean-Michel Nuffer conserve les fonctions de trésorier. Je leur suis très reconnaissant d'avoir accepté ces responsabilités, convaincu que grâce à leur détermination, leur dévouement et leur complémentarité, notre association est en de très bonnes mains.

De nouveaux membres se déclarent prêts à rejoindre notre Bureau ; nous pouvons, si nous réussissons enfin à donner une image plus dynamique, faire adhérer de jeunes collègues à notre association.

Nous aimons nos disciplines, montrons-le toujours et proposons pour elles un autre avenir. Que revienne vite le temps où nous pourrons à nouveau affirmer tout simplement, sans indécence et sans provocation, notre "plaisir d'enseigner" !

Gérard Déclas


Éditorial du 17 mars 2011 - NOTRE FORMATION CONTINUE EN DANGER

Nous n'avons jamais eu autant besoin de formation continue : la recherche universitaire avance, nous devons mettre en œuvre de nouveaux programmes, nous sommes invités à utiliser de plus en plus les TICE, nous découvrons des types d'enseignements inédits (ex. histoire des arts, littérature et société…) et des tâches supplémentaires (livret de compétences), nous nous adressons à des publics qui changent, nos carrières s'allongent...

C'est le moment choisi par les autorités de l'Éducation Nationale pour sacrifier tout ce qui a été construit depuis les années 80 en matière de formation continue ; l'Inspection Générale de l'Administration de l'Éducation nationale alertait le ministre dès juillet dernier : "Il ne reste que très peu de crédits pour finir l'année 2010. Le cri d'alarme est général dans les académies. Un des effets les plus fâcheux va être la fragilisation des plans de formation des enseignants alors même que de nouvelles obligations sont créées au bénéfice des nouveaux professeurs stagiaires".

Notre Régionale est directement frappée par cette politique aveugle qui sacrifie l'avenir de nos enseignements, donc de nos élèves. L'APHG-Bourgogne organise depuis des dizaines d'années des stages inscrits au Plan Académique de Formation. Celui de 2010-2011, intitulé Géographies de la mer, organisé sous la coordination scientifique d'Yves Boquet et prévu pour le mercredi 30 mars, a été, par décision rectorale, d'abord "suspendu" puis – ô délices du vocabulaire administratif – "non réactivé dans les modalités habituelles (ordre de mission, remboursement des frais de déplacement)", comme la plupart des autres formations de cette année scolaire.

Suite à cette nouvelle, notre Bureau s'est longuement interrogé sur la décision à prendre. Nous avons finalement choisi de maintenir le stage, en prenant nous-mêmes en charge les voyages des intervenants, et de proposer aux 75 candidats (dont 51 avaient été retenus par le rectorat), de s'y rendre à leurs frais. Nous serons probablement obligés d’en modifier le programme (voir notre site web), mais nous essaierons d’être fidèles aux orientations d’ensemble.

Certains collègues nous disent très franchement qu'ils refusent de venir pour montrer leur désaccord avec la politique de formation ; d'autres, au contraire, nous félicitent… Assurés que notre stage correspond à un vrai besoin, convaincus que nos collègues du secondaire savent ce que les universitaires peuvent leur apporter, et voulant prouver le mouvement en marchant, nous y invitons aussi, bien sûr, tous nos lecteurs: modalités sur http://aphgbourgogne.free.fr/geomer3.pdf.

Exigeons que les crédits soient rétablis au P.A.F. en 2011-2012, faisons en sorte que cette année reste une exception, et maintenons le cap, en attendant des jours meilleurs !

Gérard Déclas

 


Article du 24 février 2011
 :
QUEL AVENIR POUR LES SECTIONS EUROPÉENNES ? 
par Jean Delhomme

Dans le contexte de la mise en place de la réforme du lycée depuis la rentrée de septembre 2010, l'inquiétude grandit à partir des 3 constats suivants :

- constat 1 : aucune place n'est donnée aux Sections Euro dans la nouvelle architecture de la seconde. Sur le terrain, sa place dépendait déjà beaucoup de la politique de l'établissement ; désormais les choix opérés par les proviseurs sont encore plus décisifs. Ainsi l'effectif, le nombre d'heures d'enseignement et les services (l'Euro option est parfois dissocié de l'HG en français) diffèrent beaucoup d'un établissement à l'autre. Ainsi, les indications des horaires enseignés sur la fiche de l'oral Euro du bac en Terminale permettent de constater depuis quelques années une de ces inégalités. La réforme du lycée n'apporte aucune amélioration, pire cet enseignement est complètement ignoré dans le texte.

- constat 2: La charge des professeurs de Sections Euro est lourde et risque de devenir insupportable avec les nouveaux programmes d'Histoire et de Géographie classiques :
   Avant la réforme :
      Programmes avec un large tronc commun au niveau 1ère et Tale.
      Épreuves pratiquement communes en Terminale pour L, ES et S.
   Avec la réforme, à terme sur 2 ans :
      Programmes communs en 1ère mais épreuve anticipée du bac pour les S.
      Programme spécifique pour les S (option) en Tale avec une 2ème épreuve.
      Programme spécifique pour les L et ES en Tale avec une épreuve terminale.
      Le total donne: 1 programme de 1 ère, 2 programmes de Tale et 3 épreuves différentes pour le bac.
Pour un professeur enseignant seul l'Euro, Il fallait déjà assurer les 3 séries (L, ES et S), les 3 programmes HG en français et les 3 parties de programmes en Euro.
Avec la réforme du lycée, l'architecture se complique avec dès l'année prochaine 2 niveaux à examen au lieu d'un : 1ère S et Terminale L/ES et S.
Dès l'année prochaine, le professeur préparera au moins à 3 épreuves de bac différentes : Terminale HG en français et Terminale HG Euro + 1 ère S HG en français + peut-être 1 ère S HG Euro. Quelles sont les perspectives pour l'HG en terminale S : facultatif en HG français et en HG Euro ?

- constat 3 : Beaucoup de Sections Euro semblent avoir perdu leur philosophie initiale suite à une réduction des moyens, liée à une baisse des dotations horaires globalisées.
* Perte dans l'emploi du temps de la concertation avec les collègues de langue
* Réduction (ou suppression ?) de l'horaire supplémentaire (souvent de 2 heures à 1 heure) dont l'objectif est l'enseignement d'une partie du programme en langue étrangère.
La dérive actuelle risque d'aboutir à la formation de clubs où 1 seule heure élève est enseignée en langue étrangère, parfois même déconnectée de l'enseignement en langue française.
Des chefs d'établissement et des parents peuvent très bien se satisfaire de ce peu pour des raisons budgétaires ou des stratégies de choix de classe.

La Section Européenne n'est certes qu'une option facultative, mais dès ses origines, son but a été de renouveler l'enseignement en permettant au professeur de traiter une partie conséquente du programme en langue étrangère. Dans le cas de l'HG, il s'agit de valoriser l'accès direct aux sources avec un regard élargi sur nos enseignements. Force est de constater que la réforme du lycée et la politique actuelle du ministère n'encouragent pas cette voie.

Jean Delhomme

 


Article HORAIRE DE COURS de l'Abécédaire du Centenaire de l'APHG - novembre 2010

Le numéro du Centenaire (novembre 2010) de la revue nationale de l'APHG Historiens et Géographes publie un Abécédaire du Centenaire rédigé par 64 membres de notre association. Gérard Déclas a été chargé de rédiger l'entrée "horaire de cours". Lorsqu'il a constaté que cet article, enrichi des précieuses informations fournies par Marie-Jo De Bergh sur le collège et par Marie-Jo Ferrand sur l'enseignement technique, allait largement dépasser le nombre de signes fixé par la rédaction, il en a fait une version courte, celle que la Revue a gardée… Compréhensif mais un peu frustré, il propose ici la version longue à celles et ceux qui souhaitent un peu plus de détails sur la question :

Sujet d'actualité : la frénésie "réformatrice" est de nouveau à l'œuvre avec la suppression de l'histoire-géographie obligatoire en terminale S, vivement combattue par l'APHG dont la pétition a recueilli plus de 26 000 signatures.
Il n'est pas inutile de revenir dans cet abécédaire sur l'évolution de nos horaires de cours depuis un siècle ; on peut la résumer ainsi : trois brèves avancées suivies de longues phases de recul.

À la création de l'APHG en 1910, les horaires mis en place par le ministre Georges Leygues en 1902 (programmes Lavisse - Seignobos) sont à la hauteur des ambitions affichées par les instructions officielles ("le professeur d'histoire et de géographie est plus que tout autre un agent d'éducation nationale”) : 3 h de la sixième à la troisième, 4 h 30 en seconde, 5 h en "rhétorique" (première) et 4 h en "philosophie" (terminale).
En 1923, ils sont amputés d'une heure par le ministre Léon Bérard (qui veut privilégier la "culture classique"), en dépit de l'opposition d'Édouard Herriot.
Le régime de Vichy, par arrêté du 6 mai 1943 (Abel Bonnard est alors ministre), les réduit à un niveau jamais atteint : 1 h en sixième, 1 h 30 en cinquième, 2 h à partir de la quatrième ; l'histoire et la géographie du monde reculent au profit des études locales et provinciales.

À la Libération, les horaires d'histoire-géographie sont, on s'en doute, singulièrement augmentés par René Capitant et Edmond Naegelen : 2 h 30 de la sixième à la quatrième, 3 h en troisième, 4 h à partir de la seconde ; en même temps, un enseignement d'instruction morale et civique se met en place dans le premier cycle ; suivent vingt ans de stabilité.
Dans les années 60 et 70, alors qu'histoire et géographie deviennent matières "d'éveil" à l'école élémentaire (1969), on assiste à des réductions d'horaires par petites touches et à la disparition de l'histoire-géographie dans certaines sections scientifiques ; le très contesté projet de réforme Fontanet de février 1974 prévoit même de rendre nos disciplines facultatives ! la mort de Georges Pompidou lui est fatale : Joseph Fontanet cède la place à René Haby. Le nouveau ministre, agrégé de géographie, supprime cependant l'éducation civique en 1975 et fait de l'histoire-géographie au bac une épreuve orale en 1978…
Tout cela contribue à la "crise" de la fin des années 70, sous Christian Beullac : nos collègues s'inquiètent non seulement des programmes, mais aussi du recul horaire de nos disciplines ; des personnalités de tous bords (Alain Decaux, Pierre Goubert, Michel Debré…) volent au secours de l'enseignement de l'histoire. La géographie, elle aussi victime de ces abandons, n'est guère défendue devant le grand public, sinon par l'APHG animée par l'ardente et éloquente personnalité de son président Jean Peyrot.

Le ministre Alain Savary (1981-1984), non seulement refonde l'enseignement de nos disciplines sur des repères plus solides, mais aussi stabilise les horaires en collège à 3 h par niveau (dont une demi-heure est attribuée en 1984 à l'éducation civique, rétablie par Jean-Pierre Chevènement) et en lycée à 4 h par niveau.

Depuis, dans les sections générales de lycée, la situation s'est fortement dégradée :
Lionel Jospin décide en 1991 une diminution d'une heure de nos horaires en première et terminale S, puis Claude Allègre retire encore une demi-heure en 1999, ce qui oblige pour la première fois à différencier les programmes jusque là communs aux trois séries générales.
Les 4 h - élève de seconde deviennent 3 h + 45 min. de module (dédoublées) en 1991, puis 3 h ½ en 1999.
L'éducation civique est, dans les faits, souvent sacrifiée faute de temps ; Claude Allègre introduit en 1999 l'ECJS en lycée, mais nous ne sommes plus les seuls à l'enseigner ; elle n'a plus été touchée depuis.
Après l'échec de la réforme Darcos (qui aurait remis en cause la notion même d'horaires hebdomadaires et annuels…), Luc Chatel annonce brutalement en novembre 2009 ses projets : 3 h en seconde (pour de nouveaux programmes à mettre en œuvre dès 2010 !), 4 h pour toutes les séries en première, mais 4 h en terminale L et ES et zéro en terminale S ; devant la levée de boucliers d'historiens et d'intellectuels (Jacques Sapir, Alain Finkielkraut, Jean-Pierre Rioux, Benjamin Stora, Hervé Le Bras, Serge Berstein…) et de l'APHG, il propose après quelques marchandages 2 h facultatives en terminale S, dont on ignore toujours le futur programme : formation du citoyen ? orientation "scientifique" ? bachotage pour classes prépa et I.E.P. ?

En collège, la dégradation est comparable, quoique moins spectaculaire : François Bayrou, en 1995, nous enlève une demi-heure (en moyenne) d'éducation civique en sixième (partagée entre professeur principal, professeur de S.V.T., C.P.E. et nous) et introduit en cinquième et quatrième les horaires "plancher" et "plafond" (3 ou 4 h) : nous devons — sauf en troisième (3 h 30 maintenues en option LV2 mais 3 h en option technologie) — nous battre dans les établissements pour conserver notre temps d'enseignement (les évaluations ne sont, de plus, pas prises en compte dans les "fourchettes" de temps préconisées par les programmes pour chaque question !). Les "parcours diversifiés" de François Bayrou en 1997 ("fondés sur les centres d'intérêt et les besoins des élèves”) et les "itinéraires de découverte" de Jack Lang en 2002 (qui donnent naissance à la belle formule d'"horaire possible"…), réduisent le temps consacré aux contenus. Dans les faits, les I.D.D. disparaissent peu à peu, l'horaire plancher tendant à s'imposer.

Seules les filières technologiques de lycée ont connu une évolution favorable : elles étaient les grandes oubliées de 1981 : 4 h en seconde, 2 h en première… et zéro en terminale technologique (l'histoire-géographie n'y était pas évaluée au bac), sauf en G (tertiaire) avec 3 h. Une épreuve de bac à faible coefficient a été créée en première en 1987 (par René Monory), les programmes ont été rendus plus attractifs, et les filières sanitaires et sociales ont droit depuis 2008 (sous Xavier Darcos) à 2 h en terminale, avec épreuve écrite au bac.

Pourquoi ces réductions d'horaires ?
À l'exception de celui de Vichy, les gouvernements qui ont réduit nos horaires ont toujours mis en avant des raisons hautement pédagogiques. Dans les années vingt, où se réunissaient des "commissions de surmenage", l'"allègement" des programmes était ainsi justifié dans les instructions officielles : "La mémoire de nos enfants est trop souvent encombrée d'une multitude de détails au milieu desquels l'esprit se perd, si bien que rien n'y reste, pas même l'essentiel” ! En 1989-90, la commission Joutard , mais aussi la majorité des collègues, dénonçaient la "lourdeur des programmes" (le comité national de l'APHG demandait alors par 65 voix contre 3 qu'il ne soit pas posé au bac de sujet sur certaines rubriques…), et le ministère ne manqua pas d'en tirer en termes d'horaires des conclusions contraires à nos souhaits ! En 2010, Luc Chatel (ne voyant pas l'incohérence de cette affirmation avec son choix de placer les épreuves de bac S en fin de première et de bac ES et L en fin de terminale) affirme que la réforme des horaires permet "l'entrée de l'histoire-géographie dans le tronc commun de première”, donc "l'apprentissage d'une culture commune et partagée” et "la création de passerelles entre séries”…
La réalité est tout autre. Nos dirigeants, voulant imprimer leur marque, ont parfois voulu introduire de nouveaux enseignements au détriment des disciplines existantes. Surtout, les réductions d'horaires sont un moyen de réaliser des économies, ou plus subtilement de permettre une plus grande flexibilité dans une logique de suppressions de postes : les disciplines ont des contours de plus en plus flous, les enseignants sont de plus en plus polyvalents (ex. IDD, ECJS, histoire des arts, accompagnement personnalisé…) ; ainsi, les compétences universitaires acquises dans un domaine précis sont dévalorisées.

Quelles sont les conséquences du travail de sape en cours ?
La surcharge de travail représentée par un plus grand nombre d'élèves, de contrôles, de niveaux… est évidemment nocive à l'enseignement de nos disciplines ; mais on peut pousser plus loin la critique.
À horaires light , programmes light  : le comble est atteint avec le projet pour les premières, dont les rédacteurs ont reçu l'impossible mission de "faire tenir" en 4 heures ce qu'on étudie aujourd'hui en 8 heures, d'où maints raccourcis et survols…
À programmes light , examens light  ? L'apprentissage du raisonnement argumenté demande du temps pour acquérir le sens de la nuance et de la complexité des choses ; le "bac Chatel" maintiendra-t-il la composition et l'étude de documents ?
La finalité même de l'histoire-géographie est en cause : acquisition d'un esprit critique, formation de base de tous les citoyens… Lorsque Georges Lefebvre explique en 1938 les déboires de notre enseignement par le fait qu'il est "de pure culture, médiocrement apprécié, attendu qu'il ne fournit pas un gagne-pain”, ne fournit-il pas des clés pour comprendre la dérive utilitariste constatée aujourd'hui avec la dissociation des voies S et L+ES en terminale ? Il faut croire qu'ingénieurs, médecins, techniciens… n'ont pas autant besoin de nos disciplines que d'autres !
Notre ministre est un communiquant, non un universitaire. Les "réformes" actuelles ont pour but avoué d'adapter notre pays à la mondialisation. Or, en s'en prenant à nos disciplines, on se prive des moyens de la comprendre…

L'APHG ne renoncera pas à tout faire pour le retour à un enseignement obligatoire, dans des horaires décents, de l'Histoire et de la Géographie pour l'ensemble des filières générales et technologiques, indispensable pour défendre les valeurs républicaines.

Gérard Déclas

 


Éditorial du 4 septembre 2010 - LONGUE VIE À L'APHG, LONGUE VIE À LA RÉPUBLIQUE !

Nous entrons, en ce début d'année scolaire, dans le temps des célébrations. L'APHG a cent ans ! Plusieurs manifestations liées à cet événement montrent notre vitalité : session extraordinaire de la Commission Europe au Conseil de l'Europe à Strasbourg le 15 octobre, Agoras Les Alpes au cœur de l'Histoire à Grenoble du 25 au 29 octobre, présentation de l' Abécédaire de l'APHG au Lycée Louis-le-Grand début novembre, journée du Centenaire à l'Assemblée nationale le 27 novembre, journée d'études Archives et histoire de l'éducation aux Archives nationales en janvier…

Nous sommes fiers de notre action passée et présente : nos combats pour la liberté pédagogique, pour des horaires décents, pour des programmes cohérents, pour notre place dans les examens, pour la qualité de la formation des enseignants, etc. n'ont certes pas toujours été couronnés de succès ; mais il est des époques (la Libération, les années 80…) où nous avons été indiscutablement écoutés par le pouvoir, et d'autres (plus récentes…) où nous avons plus modestement "limité les dégâts" !

Nous avons su rassembler au-delà des appartenances politiques, syndicales et spirituelles, des étudiants, des collègues et des retraités militants, dévoués, actifs, aux compétences variées et à l'expérience collective solide, pour défendre nos disciplines.

Si nous nous engageons pour elles, c'est parce qu'elles le méritent ; nous avons choisi notre métier, nous avons adhéré à l'APHG parce que l'histoire, la géographie, l'éducation civique sont porteuses de valeurs démocratiques et républicaines. Nous ne pouvons donc rester indifférents devant l'inquiétant tournant politique de cet été. Le démantèlement illégal de campements "illicites" de gens du voyage privés d'aires d'accueil en nombre suffisant, les expulsions de Roms, l'extension du champ de la déchéance de la nationalité, l'assimilation délinquants-immigrés — avec force manipulations de chiffres — dans la bouche de ministres, le durcissement des procédures d'éloignement de sans-papiers, la systématisation des peines-planchers, les nouvelles restrictions à l'immigration… sont insupportables. Et tout cela se passe cent quarante ans après la proclamation de la République, que nous fêtons aussi en ce mois de septembre !

Peu importent les raisons politiciennes de cette dérive, point n'est besoin de se livrer à des comparaisons historiques toujours schématiques. Il est des circonstances où prendre clairement position est un devoir ; il faut dire tous ensemble et très simplement que ces mesures sont contraires à ce en quoi nous croyons et que nous avons pour mission de transmettre. Si nous ne le faisions pas maintenant, nous pourrions le regretter plus tard.

Fêter les Cent ans de notre Association, ce n'est pas se complaire dans l'autocélébration ; c'est aussi défendre les principes qui fondent nos disciplines quand ils sont bafoués !

Gérard Déclas   

 


Éditorial du 25 juin 2010 - FORMATION INITIALE DES ENSEIGNANTS : UN DISPOSITIF ABERRANT ET NOCIF

La réforme des concours et la mastérisation, mises en place dans l'urgence après un refus systématique de prendre en compte depuis deux ans les avis des associations de spécialistes, des syndicats étudiants et enseignants, des chercheurs, des jurys, voire des inspecteurs d'Académie (!) ont pour but, selon le Ministère, de "mieux accueillir et mieux former les lauréats du concours".
Dans les faits, que constatons-nous ?

Le nouveau dispositif est décourageant et injuste pour les étudiants : La suppression des IUFM couplée au recrutement à bac + 5 des enseignants conduit en réalité à la suppression de 24 000 postes de fonctionnaires stagiaires, et donc va à l’encontre d'un accès démocratique au métier de professeur.
La décision de laisser à chaque université la liberté de concevoir les masters entraine une concurrence de plus en plus déloyale entre"grands" et "petits" établissements d'enseignement supérieur. De plus, l'épreuve orale sur "l'éthique du fonctionnaire" introduit dans le recrutement des critères arbitraires et n'a pas sa place dans un concours disciplinaire.

Le calendrier des épreuves des concours est incohérent. En fixant au début novembre de l'année de M2 les épreuves d'admissibilité, il ne laisse que deux mois aux candidats pour préparer l'écrit du CAPES (à moins qu'on ne compte sur des officines privées pour improviser en juillet-août des formations payantes…) et interdit pratiquement aux étudiants de tenter aussi leur chance à l'agrégation en avril.
Il est de toute façon impensable que les étudiants admissibles au CAPES puissent efficacement, au cours du 2ème semestre de M2, à la fois préparer des oraux, effectuer des stages et soutenir un véritable mémoire de recherche ; l'impossible articulation entre concours et master ne peut conduire qu'au bachotage sur les questions larges qu'impose le premier et un survol des thèmes pointus attendus du second.

L'attribution d'un temps complet d'enseignement aux professeurs dès leur première année d'exercice, qui permet au ministère de masquer temporairement l'impact des suppressions massives de postes, rend très difficile l'entrée dans le métier. Les nouveaux "stagiaires à 18 heures" seront brutalement "lâchés" devant les classes et n'auront droit, au lieu d'une alternance régulière entre théorie et pratique indispensable à la construction d’une base solide de compétences professionnelles, qu'à une formation de type "compagnonnage", en supplément de leur temps de service ; ils seront même, lors de leur seule période de formation groupée (6 semaines en février-mars), remplacés par des étudiants, voire des retraités ! (sans parler de la lourdeur de la tâche pour les tuteurs et de l'impact de ces mesures sur le mouvement et les remplacements).

Cette "réforme", inspirée avant tout par une logique d'économies budgétaires, constitue un désengagement de l'État de sa mission d'éducation, prouve une fois de plus le mépris des ministres pour la qualité des contenus disciplinaires, et nuit à la sérénité des étudiants et des jeunes enseignants.
Chacun aura compris, au bout du compte, que les principales victimes, à qui on imposera plusieurs professeurs par an, inquiets, mal formés, surchargés et épuisés, en seront une fois de plus NOS ÉLÈVES.

Gérard Déclas   


Éditorial du 15 février 2010 - NOS DISCIPLINES MÉPRISÉES

Dans les "réformes" menées actuellement par Mme Pécresse et M. Chatel, confirmant et aggravant des régressions depuis longtemps constatées, c'est la notion même d'enseignement disciplinaire qui est attaquée. Les historiens-géographes n'en sont d'ailleurs pas les seules victimes…

Lorsqu'on supprime les modules en seconde et l'histoire-géographie obligatoire en terminale S pour créer dans le même temps des enseignements à l'objet flou et mouvant de type "littérature et société", pouvant être attribués aussi à nos collègues de lettres, on sacrifie nos disciplines à l'opportunité de supprimer des postes "en douceur" en profitant des départs en retraite.
Lorsqu'on envisage d'"estétiser" le bac au terme de la réforme (plaisant néologisme d'un I.P.R. suggérant que les épreuves pourraient bien ressembler à celles du bac STT), on fait fi des critères d'évaluation et de l'approche épistémologique propres à nos disciplines.
Lorsqu'on prévoit de contrôler dans les concours de recrutement la compétence à "agir en fonctionnaire de l'État de façon éthique et responsable", on ouvre — ou on ferme — la porte de notre profession en fonction de critères hautement contestables, sans rapport avec la connaissance de notre champ disciplinaire ou notre pédagogie.
Lorsque le Conseil pédagogique, désigné par le principal ou le proviseur, devient l'instance compétente en matière d'horaires d'enseignement, la place accordée à nos matières dans l'établissement est soumise à l'arbitraire et devient l'objet de marchandages.
Lorsqu'au collège, on empile les tâches annexes (sécurité routière, B2i, stages en entreprise, etc.) au détriment des cours face aux élèves, on fait du professeur un simple factotum.
Lorsque, de plus en plus, la notation administrative se fonde sur l'action de l'enseignant en-dehors de sa classe, la maîtrise de son sujet et la qualité de ses cours deviennent quantité négligeable.
Lorsqu'on s'obstine à imposer pour le recrutement des collègues une "mastérisation" ingérable, on oblige les candidats aux concours à sacrifier leur préparation, donc la connaissance de leur discipline.
Lorsqu'on élabore en toute hâte des programmes d'histoire aux intitulés parfois vides de sens, poussant à l'excès la logique "thématique", multipliant les coups de projecteur et segmentant le savoir, on désespère les collègues qui connaissent les limites de l'acquisition des repères chronologiques par les élèves de seconde.

Dans cette ambiance délétère, comment s'étonner que les effectifs en fac d'histoire et de géographie fondent, et que le métier que nous aimons n'attire plus les étudiants ? Comment s'étonner que les E.N.S. envisagent de déconseiller à leurs élèves de préparer l'agrégation ? Lorsque la politique éducative a pour axe principal la diminution du nombre des professeurs, quel qu'en soit le coût en termes de transmission des savoirs, on décourage les enseignants qui voient chaque année leur charge de travail s'alourdir et son efficacité en souffrir.

Tout cela va dans le même sens : la République que nous voulons servir néglige notre formation, ne nous fait plus confiance, ne nous permet plus d'enseigner nos disciplines dans des horaires décents, attaque notre liberté pédagogique. Nous refusons d'être considérés, soit comme des budgétivores à dégraisser, soit comme les exécutants dociles des lubies affichées au gré des "plans com" de nos dirigeants !

Gérard Déclas   


Nouvelles du front : l'histoire-géographie dans la réforme des lycées (10 février 2010)

La grande affaire qui a occupé l'APHG ces dernières semaines a été la suppression de l'enseignement obligatoire de l'histoire-géographie en terminale S. Cette réforme, habillée comme d'habitude d'oripeaux pédagogiques, a été l'objet de manœuvres et de marchandages (APHG consultée pour la 1ère fois le 9 novembre, heure obligatoire ajoutée, puis transformée en heure et demie optionnelle, 1/2 h supplémentaire optionnelle accordée entre 2 portes en fin de réunion, annonce par le ministre le 19 novembre…). Où est la "très large concertation" dont se vante le ministère ?

Les élèves de S sont privés, si l'on prend en compte la suppression des modules et l'absence d'histoire-géographie obligatoire en terminale, de 54 heures d'histoire-géographie à la rentrée 2010 (ceux des générations précédentes avaient déjà perdu 36 h en 1992, puis 12 h en 2001 !). Dans ces conditions, le ministre ne manque pas d'air lorsqu'il affirme : "L'histoire-géo va garder la place éminente qui a toujours été la sienne dans le système éducatif français et va même voir sa place confortée". Même l'affirmation selon laquelle il y a désormais "tronc commun" en première est trompeuse, puisque les élèves de S passeront leur épreuve d'histoire-géographie au bac en première et ceux de L et ES en terminale, sur des programmes différents.

L' APHG nationale a vite et bien réagi, en refusant les nouveaux horaires et en adoptant en assemblée générale le 30 novembre le texte bref et direct d'un appel proposé à signature sous forme électronique. Il a rallié 26 000 personnes, beaucoup plus que ce que nous espérions alors. Depuis — divine surprise — nous avons assisté à un mouvement d'opinion assez puissant, suite à l'initiative d'historiens et d'intellectuels comme Jean-Pierre Azéma, Jean-Jacques Becker, Serge Berstein, Alain Finkielkraut, Jean-Noël Jeanneney, André Kaspi, Hervé Le Bras, Jacques Le Goff, Evelyne Lever, Pierre Milza, Michelle Perrot , Antoine Prost , Jean-Pierre Rioux, Jean-François Sirinelli, Benjamin Stora, Jean Tulard, Annette Wieviorka, Michel Winock... bientôt suivis par des politiques de tous bords.

Du côté de la Régionale de Bourgogne, nous avons répondu rapidement aux demandes du Bureau National sur les horaires, en novembre (faisant entendre une voix déterminée) , puis sur les programmes, en janvier (merci aux collègues qui nous ont envoyé leurs remarques suite à l'appel mis en ligne sur notre site ; la synthèse y est publiée et a été transmise) ; nous sommes intervenus dans les débats de l'Assemblée Générale de novembre à Paris et du Comité national de janvier pour insister, comme d'ailleurs la grande majorité des présents, sur le caractère inacceptable de ces réformes, qui introduisent une rupture dans des équilibres reconnus  ; nous avons régulièrement mis le site à jour afin de diffuser les informations du National et de faire le point sur l'avancement de la pétition ; nous avons écrit aux 26 parlementaires de Bourgogne pour les sensibiliser au problème et les inviter à signer l'appel de l'APHG (seuls MM. Soisson et Sirugue nous ont fait part de leur soutien ; ce dernier a aussi déposé une question écrite au ministre) ; nous sommes intervenus (trop brièvement à notre goût) dans les medias locaux (interviews de Didier Doix dans le Journal de Saône-et-Loire et de Gérard Déclas sur France 3 Bourgogne).

Reconnaissons que pour l'instant, toutes ces actions n'ont pas débouché sur de grands succès : le rouleau compresseur de la "réforme" avance ; adoption du projet Chatel par le Conseil Supérieur de l'Éducation, obstination du ministre à maintenir les nouveaux horaires, mise en route précipitée de programmes ayant des aspects très contestables (manque de cohérence dans celui d'histoire, qui par ex. écarte en médiévale une question qui "fonctionnait" bien et la remplace par le sujet le moins polémique possible…) ; seuls quelques amendements de détail proposés par l'APHG (intitulés, élargissement de certaines questions) ont été pris en compte ; les éditeurs ont été avertis des programmes avant même que s'ouvre la "consultation" des collègues, en cours jusqu'au 12 mars.

Mais nous devons continuer à nous battre. La pétition est toujours en ligne ; faites-la signer à vos proches : elle n'est pas qu'une affaire de profs ! Par ailleurs, la situation politique peut évoluer… Nous contactons de notre côté les candidats aux Régionales en Bourgogne pour leur demander de prendre position. Nous pouvons encore agir sur les programmes de première, et nous avons 18 mois avant que le sort des terminales soit fixé de manière irrémédiable !

Gérard Déclas   


Éditorial du 15 octobre 2009 - NE TIREZ PAS SUR LE PROF DE GÉO  !

"Il faut dire que la géographie française porte un fardeau, qui est le fardeau scolaire, et que chacun, sortant du collège ou du lycée, a été, sauf des malades dans mon genre, écœuré pour la fin de ses jours de la géographie. Le jour où elle arrivera à se soustraire de ce fardeau scolaire, on la prendra un peu plus au sérieux". De qui est ce texte édifiant ? De l'éminent universitaire Michel Lussault, professeur à l'E.N.S. Lettres-Sciences Humaines de Lyon et président du Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur de Lyon, à la fin de l'émission La suite dans les idées du 19 septembre sur France Culture.
Notre collègue Daniel Letouzey , de la Régionale de Caen, n'a pas manqué de relever ces propos, qui font, depuis, pas mal de bruit dans le Landerneau enseignant et dans les forums de discussion.

Reconnaissons que Michel Lussault a de hautes ambitions pour la géographie, qu'il voudrait voir davantage reconnue en tant que science sociale, et prise en compte par les politiques publiques pour l'aménagement de l'espace. Mais pourquoi les collègues chargés en France de l'enseigner auprès des élèves du secondaire seraient-ils incapables de leur faire sentir l'importance de ces enjeux ?

S'il faut vraiment chasser la géographie des collèges et les lycées pour la libérer, on est en très bonne voie ! On sait que le gouvernement s'est engagé dans une politique chaque année aggravée de suppressions de postes aux concours ; quant à l'évolution des effectifs étudiants, elle est véritablement alarmante, en dépit des efforts de nos collègues universitaires pour rendre leurs filières plus attractives : par exemple, à l'Université de Bourgogne, baisse de 15 % en trois ans, du 31 décembre 2006 au 31 décembre 2009, en histoire comme en géographie, et la tendance semble devoir se confirmer pour l'année en cours…
Ces chiffres montrent une désaffection certaine pour nos disciplines, pas seulement pour la géographie. Notre association a, entre autres vocations, celle de proposer des explications et des solutions ; elles sont certainement multiples, on y reviendra.

Il est en tout cas trop simple d'incriminer au premier chef des tâcherons de collèges et de lycées qui dégoûteraient les élèves… Michel Lussault est très admiratif, sûrement à juste titre, de ses collègues des universités américaines Saskia Sassen, Edward Soja, David Harvey…, adeptes d'une géographie critique de la ville ; il participe lui-même avec les universitaires français au renouvellement des recherches sur les territoires. Mais si on parle du secondaire, que souhaiter si on a comme lui le souci de favoriser la réflexion sociale sur les espaces matériels, et l'espoir de les faire évoluer ? des collègues — encore — nombreux, initiant, autant que le permet leur formation exigeante, tous les futurs citoyens à une géographie vivante, qui a su se renouveler en intégrant les acquits de la recherche universitaire, ou un système éducatif à l'américaine, se bornant à enseigner quelques bribes d'une géo sclérosée à une minorité d'élèves dans les high schools et réservant les débats sur les espaces à une petite élite de clercs ? Si la géographie ne se porte pas bien en France, ce n'est certainement pas des hautes sphères de l'Université qu'elle s'attendait à recevoir ce genre de coups !

Gérard Déclas   


Éditorial du 20 juin 2009 - LES EXAMENS, C'EST SÉRIEUX !

À grands sons de trompe, le Ministère annonce son triomphe dans la "reconquête du mois de juin"… Nous ne sommes pas, quant à nous, si enthousiastes ! Outre que ce haut fait d'armes consiste tout au plus à retarder d'une petite semaine la fin effective de l'année scolaire, il a déjà fait une victime : l'épreuve d'histoire-géographie du baccalauréat. Celle-ci, reconnue jusqu'à présent comme l'une des plus longues à corriger, était la deuxième du calendrier après la philosophie ; elle se retrouve maintenant bonne dernière. Très mauvaise décision pour les élèves : dans nos "matières à révisions", bien des candidats se sentent obligés de se replonger tous les soirs dans leurs cours après les épreuves, ce qui nuit à leur sérénité… Quant aux professeurs, il fut un temps où ils corrigeaient 70 copies en 10 jours ; aujourd'hui, ils en reçoivent 45 ou 50, mais en quatre jours et demi seulement, dont un week-end — moins encore pour les collègues résidant loin des centres de collecte —. Et il a fallu une mobilisation inédite des enseignants
pour que la Division des Examens et Concours du rectorat de Dijon renonce à une correction "sur site", qui aurait non seulement donné lieu à des pressions accrues concernant nos critères de notation, mais encore aggravé des conditions de travail déjà stressantes ; pour évaluer sereinement des copies, il faut du temps et du recul.

Au brevet, rien de nouveau cette année… mais un projet ministériel — appelé "document de travail" — bien confus et fort inquiétant : parmi les "5 épreuves d'examen obligatoire" figurent bien 3 "épreuves écrites", dont l'histoire-géographie… mais le tableau qui suit évoque, lui, 4 disciplines : français, histoire-géographie-éducation civique, mathématiques, sciences et technologie ! Cela veut-il dire que l'histoire-géographie (regroupée d'ailleurs désormais avec l'éducation civique dans le contrôle continu) deviendrait optionnelle à l'écrit ? Dans ce cas, devinez quelle discipline les élèves délaisseraient en majorité…
Nous nous interrogeons aussi sur la nature de l'épreuve : la formulation "questions à réponses courtes à partir de supports documentaires (à définir)" ne brille pas par sa clarté, et semble annoncer une nouvelle réduction des ambitions : hier, "question de cours rédigée" ou "étude de documents" ; aujourd'hui, "paragraphe argumenté" ; demain, "QRC" ; après-demain, QCM ?

Tout se passe comme si ce traitement cavalier de nos disciplines n'était qu'un moyen de convaincre l'opinion de leur inutilité, avant leur retrait pur et simple du brevet et/ou du bac, eux-mêmes menacés à plus long terme… On nous dit que l'organisation des épreuves coûte cher. Certes, mais jusqu'à un passé récent, les examens nationaux étaient considérés comme la garantie d'une exigence républicaine de bon aloi, et tout simplement d'équité entre académies, entre établissements et entre élèves. À force de détricoter une cotte déjà mal taillée, n'est-on pas en train de réduire nos examens à un cache-…misère ?

Gérard Déclas, Didier Doix   


Éditorial du 10 février 2009 - AGRESSIONS ET MANŒUVRES

L'État, en 2009, n'aime guère ses serviteurs, tout particulièrement les plus dévoués et les plus diplômés : les mondes de la culture, de la magistrature, de la recherche, de l'enseignement sont payés (façon de parler !) pour le savoir…

L'Université est aujourd'hui dans la tourmente. Yves Boquet et Maurice Carrez, qui connaissent bien les réformes en cours, décrivent ci-dessous la gravité de leurs conséquences et l'évidente mauvaise foi de leurs promoteurs. La démonstration est éloquente ; je n'aborderai ici que la question des moyens.
L'État, nous dit-on, n'a jamais accompli autant d'efforts pour les Universités. Alors, pourquoi les suppressions d'emplois ? Pourquoi la concentration des crédits sur une petite partie des campus français, qui fait douter de l'avenir des autres ? Pourquoi si peu d'argent consacré au fonctionnement des facs au quotidien, à la qualité de l'accueil des étudiants ? Puisqu'on prétend améliorer la formation des enseignants, pourquoi supprimer l'année de stage salarié, et pourquoi ne pas revenir au contraire à un pré-recrutement de type I.P.E.S., gage de qualité et de promotion sociale ? Pourquoi, enfin, attribuer seulement la moitié des fonds publics pour la recherche directement à la recherche publique ?

En ce qui concerne les lycées, le ministre de l'Éducation nationale avait déclaré : "La réforme telle qu'elle s'était présentée est interrompue, elle n'a plus lieu d'être, puisque nous recommençons, nous repartons à zéro. […] Il me semble que cette formule dissipe tous les doutes, tous les malentendus" (France Info, 18 décembre). Sortie par la grande porte grâce à l'ampleur de la mobilisation, cette réforme revient aujourd'hui par la fenêtre, puisqu'elle est proposée telle quelle à l'«expérimentation» dans certains lycées, avec force manipulations et pressions de l'administration, et sans que soient définies de règles claires en matière d'objectifs et d'évaluation. Le lycée a sans doute besoin d'une réforme, mais son objectif principal ne saurait être la diminution à long terme des moyens alloués, et elle doit être élaborée dans une authentique concertation, avec le concours des personnels, que de tels procédés ne peuvent que dégoûter et démotiver.

C'est aujourd'hui la R.G.P.P. qui fonde l'ensemble des décisions du gouvernement concernant notre métier ; le ministre de la fonction publique est, d'abord, celui du budget et des comptes publics. Tout "habillage" pédagogique n'est qu'un leurre, toute "ambition" affichée n'est qu'un mensonge. Il faut en finir avec les coups de force et écouter les enseignants, enfin !

                                                                                                                                                                   Gérard Déclas     


Grands mots et gros mots (5 février 2009)

L’agressivité est souvent l’antichambre de la vulgarité. Un bel exemple nous en a été donné le 22 janvier par le plus haut personnage de l’État s’adressant aux enseignants chercheurs. Mais sous les propos comminatoires et l’ironie facile, perce un cynisme encore plus inquiétant qui prend sa source dans la perversion des mots. Le fait n’est pas nouveau, mais il atteint des sommets avec les nouvelles mesures affectant l’université depuis maintenant une bonne année.
Le mot « réforme », employé à tout propos, est déjà en soi un petit scandale pour l’historien. Cette notion laisse en effet entendre que le changement effectué se fait dans le sens d’un certain progrès. Or l’examen attentif des différents textes incriminés ne peut masquer les régressions importantes qu’impliquent certaines mesures. Ainsi, le projet Pécresse concernant le statut des enseignants chercheurs, loin de constituer un pas en avant, n’a pour fonction que d’établir une dépendanceétroite des intéressés par rapport à leur président d’Université, sorte de réplique miniature des grands PDG ou de l’hôte de l’Élysée ; celui-ci pourra, si bon lui semble, décider qu’un tel est doté de qualités si éminentes qu’il doit bénéficier d’une décharge d’heures alors que tel autre, qu’il estime médiocre, se verra pénalisé par… des heures d’enseignement supplémentaires ! Tout au plus le petit potentat aura-t-il à sa disposition les « recommandations » d’un comité national compétent (appelé CNU) qu’il sera libre ou non de suivre. Chaque collègue aura saisi, au vu de ce qu’il connaît de la pratique régnant dans les divers établissements d’enseignement, que les amis du prince seront favorisés et ses ennemis durement châtiés. Il n’échappera pas non plus aux gens clairvoyants que l’enseignement sera considéré dans cette hypothèse comme une punition, et non comme une activité valorisante. Pour faire passer l’amère potion, nos «réformateurs» promettent cependant quelques améliorations salariales pour les collègues en début de carrière, des délais moins longs pour le passage à l’échelon supérieur ainsi qu’un accès moins réglementé à la hors classe et à la classe exceptionnelle. Mais comme ces bienfaits impliquent l’absorption de l’infâme breuvage, cela devrait s’appeler, en bon français, une tartufferie, plutôt qu’une «réforme ».
Autre vocable qu’affectionnent nos sagaces décideurs : l’autonomie. Une rapide consultation du dictionnaire Robert nous permet de savoir que cette dernière suppose une marge d’action plus grande vis-à-vis du centre. Le problème est que dans la pratique actuelle, l’organisation de ladite autonomie aboutit à un contrôle financier renforcé des rectorats sur les universités et à la mise en place d’un super logiciel de contrôle des dépenses, jusqu’au niveau des UFR ! Le Gosplan, symbole comme nous le savons de l’autonomie version Brejnev, un Ukrainien russifié, n’avait pas réussi d’exploit plus retentissant ! En somme, sous couvert de libertés supplémentaires, le ministère organise une centralisation financière accrue dont on devine que l’inspiration tient plus de Napoléon que de Jean-Marie Tjibaou. Démon du pouvoir, quand tu nous tiens !
Le mot «qualité» est également fort prisé des contempteurs du «mammouth». Grâce, paraît-il, à leurs nouvelles exigences, tous ces galapiats de chercheurs, menacés d’enseigner davantage, vont devoir démontrer, enfin, qu’ils en ont sous la semelle. Pour bénéficier des décharges promises, il leur faudra écraser sous leur science les misérables qui tenteront eux aussi d’arracher le pompon. Tous ces fainéants seront ainsi tirés vers le haut par l’émulation. Il est bien connu qu’Archimède découvrit son principe par haine de la concurrence. Un problème va toutefois se poser : si les amis du petit chef local, intitulé président d’Université, se trouvent en posture délicate face à de féroces compétiteurs, ou si le grand Manitou du laboratoire se fait damer le pion par un adjoint trop talentueux, il y a fort à parier qu’une main invisible saura, comme par miracle, rétablir… les hiérarchies « naturelles » ! L’ardente nécessité de la «qualité» selon le ministère peut aussi se remarquer dans sa volonté farouche de "réformer" la formation des futurs enseignants du secondaire. Dans un laps de temps de deux ans, les impétrants auront à réaliser à la fois deux années de master et une année de concours. Un peu comme chez Leclerc où on a parfois trois kiwis pour le prix de deux. Naturellement, ces chers petits devront accomplir cet exploit avec moins d’heures d’enseignement et des programmes "light" (un jour peut-être sponsorisés par Coca Cola ?). Seuls les esprits malintentionnés et hyperconservateurs peuvent y voir une diminution de qualité : il s’agit bien, dans l’esprit du ministère, d’une «réforme». Qu’on se le dise !
Le bilan est de la sorte facile à tirer. Sous des vocables séduisants, on triche avec la marchandise. Même dans une société capitaliste développée, ce type de pratique peut valoir à certains un procès et des ennuis judiciaires. Mais pas en politique où l’on est autorisé, l’espace de cinq ans,à faire n’importe quoi pour appliquer le programme soi-disant voulu par les électeurs, dont il est bien connu qu’ils se sont prononcés en priorité pour la «réforme», l’«autonomie», la «concurrence» et la «qualité». Des grands mots, ma foi, dont le contenu peut parfois nous arracher des gros mots…

Yves Boquet, Maurice Carrez   

En complément :

texte commun de l'APHG et des associations de spécialistes de l'enseignement supérieur sur le CAPES

... mais le gouvernement persiste dans ses choix ! (communiqué de presse du 15 janvier)

appel du 20 janvier à tous les départements et UFR d’histoire des universités françaises

communiqué de l'APHG nationale demandant le retrait
de la réforme des concours et du nouveau statut des enseignants-chercheurs

 


Éditorial du 12 octobre 2008 -
LE LYCÉE, ENCORE !

Notre dernier éditorial, rédigé au début de l'été, portait déjà sur la réforme des lycées. Aujourd'hui, les "fuites" (savamment orchestrées ?) concernant l'état d'avancement de la mission De Gaudemar sont suffisamment alarmantes pour que nous revenions sur le sujet.

Quoique vigilants, nous voulions encore croire à une véritable modernisation de l'enseignement de nos disciplines et à l'établissement de passerelles entre secondaire et supérieur. Las ! Il s'avère que la "concertation" annoncée était illusoire : le Ministre, à marche forcée et par pur souci d'économie, s'apprête à sacrifier nombre d'enseignements disciplinaires et à aggraver les conditions d'exercice de notre métier.
Pourquoi une telle précipitation ? Nous ne prétendrons même pas qu'on veut prendre les enseignants de court : l'impossibilité de conserver le statu quo en seconde, même pour un an, compte tenu des suppressions de postes déjà actées dans le budget 2009, est une raison largement suffisante...
L'amputation d'horaires prévue (27 heures au lieu de 28 à 35) est inacceptable. Même si l'histoire-géographie restait dans le "tronc commun" (réduit à 16 h en seconde), elle souffrirait de ces diminutions ; comme le Ministère n'a pas le temps de construire pour 2009 des programmes cohérents permettant d'élaborer de nouveaux manuels, des "coupes" arbitraires dans les programmes existants sont inévitables.

Nous ne pouvons admettre que le volume des enseignements disciplinaires soit réduit "au profit d'options ou de modules indistincts" (formule du Conseil de Gestion de l'A.P.H.G. du 13 septembre) ; que nos disciplines n'aient comme alternative en première et terminale que le statut d'"enseignement commun" (regroupement artificiel d'élèves aux parcours différents…) ou celui de "module" (pas d'histoire-géographie-ECJS du tout pour certains !) ; qu'une évaluation semestrielle "maison" se substitue, ne serait-ce que partiellement, au baccalauréat national.
Certaines disciplines particulièrement menacées se sont déjà mobilisées avec leurs associations : les sciences économiques et sociales (qui, intégrées dans un ensemble flou droit-gestion-économie, craignent de perdre leur identité), les sciences de la vie et de la terre et la physique (qui ne feraient plus partie du "tronc commun" en seconde), ont multiplié les actions (déclarations à la presse, manifestations, publicités)…

Certes, rien n'est encore officiellement annoncé, ce qui rend notre position inconfortable. Mais le délai supplémentaire que s'accorde le Ministère pour présenter les grands axes de sa réforme (les vacances de Toussaint au lieu du 15 octobre) montre que l'on peut encore peser sur ses choix.
Que devons-nous faire ? Faut-il se satisfaire du maintien de l'histoire-géographie dans le "tronc commun" en seconde, qui semble acquis ? Peut-on supporter l'hypothèse que des bacheliers scientifiques puissent quitter le lycée sans avoir eu de cours d'histoire, de géographie, d'éducation civique en première et en terminale ? Faut-il prendre pour argent comptant les propos tout aussi vagues que lénifiants de l'entourage du Ministre ? Peut-on jouer la prudence sous prétexte que le pire n'est jamais sûr ?
Le démantèlement de l'enseignement disciplinaire en lycée est mené au pas de charge, au détriment de l'intérêt de nos élèves. L'histoire, la géographie et l'éducation civique sont en danger, pour la première fois de manière aussi grave depuis le projet de réforme Fontanet de 1974, alors même que la crise financière devrait faire réfléchir sur l'importance de nos disciplines. C'est le moment ou jamais de nous faire entendre !

Gérard Déclas   

En complément  :

communiqué de l'APHG (Bureau National) sur la réforme des lycées (13 octobre 2008)

nouvelle pétition nationale (du 29 octobre) de l'APHG
à faire signer et à envoyer à Gérard Déclas, 30 avenue du Cromois, 21800 Quetigny

réaction de Jacques Portes, président de l'APHG, aux propos de Xavier Darcos sur les programmes

 



Toujours des inquiétudes vis-à-vis des futurs concours de recrutement (12 octobre 2008)

Selon une tactique désormais éprouvée, les ministères de l'Éducation nationale et des universités font avancer leurs projets dans un demi-brouillard d'où émergent de temps en temps quelques ombres furtivement entrevues. Une seule chose est sûre, les concours sous leur forme traditionnelle ont vécu et l'on compte bien les réduire au minimum, à défaut de pouvoir les achever. En attendant que la Pythie ait parlé, les étudiants et leurs professeurs ne savent toujours pas à quelle sauce ils vont être mangés, bien que les initiés leur annoncent qu'ils verront ce qu'ils vont voir d'ici une poignée de semaines.

Au demeurant, on s'active de tous côtés. La CPU (Conférence des présidents d'université), les directeurs d'IUFM, les fonctionnaires de ce qui fut jadis appelé le « mammouth », les associations de spécialistes et plus localement les représentants des UFR de notre université et de l'IUFM de Bourgogne volent de réunion en réunion afin de préparer le grand soir. Seule peut-être notre APHG préférée semble au niveau national particulièrement discrète…

Toujours est-il que nous ne connaissons pour l'instant que quelques ingrédients de la future salade. L'agrégation devrait être maintenue, mais sans doute à bac+6 contre bac+5, ce qui est éminemment favorable aux enfants de prolétaires. Il n'est pas du tout certain non plus qu'on y conservera toutes les épreuves actuelles. Quant à l'ersatz du CAPES (et du PLP2, mais ce n'est pas clair, certains de nos « défenseurs » allant jusqu'à l'appeler encore CAPET !) il pourrait maintenir avec un peu de chance, outre le couple histoire-géographie, deux épreuves académiques à l'écrit (mais sans véritable précision quant à leur contenu réel) et deux à l'oral (dont un entretien sur le système éducatif, formulation des plus vagues, et une épreuve à caractère professionnel encore mal définie, mais collant sans doute aux programmes du secondaire). Nous pouvons deviner sous cet habillage qu'il ne restera pas grand-chose de l'enseignement universitaire des concours. Quant aux présidents des jurys de concours, ils font déjà savoir aux collègues désireux d'y participer qu'ils n'ont plus les moyens de les recruter.

Qu'à cela ne tienne ! Nos huiles affectent d'avoir réponse à tout. Le « concouroïde » sera adossé à un mastère deuxième année que madame le ministre des Universités veut flécher « de recherche ». Martiale, elle affirme même qu'elle n'acceptera pas qu'il se réduise à la préparation de l'objet non identifié ci-dessus mentionné. Les étudiants devront donc en une seule année faire de la recherche de haut niveau, préparer la partie disciplinaire du concours et se familiariser avec notre remarquable système éducatif. En outre, une fois diplômés, ces héros des temps modernes auront droit dès septembre à 18 heures de cours devant les élèves. On n'arrête pas le progrès !

Mais dans ces conditions, est-il vraiment réactionnaire de préférer l'ancien mode de sélection et de formation au nouveau ? Il y a lieu d'en douter. Aussi serait-il sage de consommer le mets ainsi confectionné avec beaucoup de modération, jusqu'à ce que l'on revienne enfin à une cuisine plus digne de nos attentes.

Yves Boquet, Maurice Carrez   

En complément  :

texte du ministère sur les nouveaux concours de recrutement des professeurs

lettre d'Yves Boquet à la présidente de l'Université de Bourgogne à ce sujet

motion commune des quatre associations d'historiens de l'enseignement supérieur

motion adoptée par le CEVU de l'Université de Bourgogne demandant un moratoire

appel à contribution d'universitaires pour un débat sur la réforme du CAPES d'histoire-géographie

éditorial de Jacques Portes dans le n° 404 d'Historiens et Géographes : 25 ans après, un autre tsunami

 



Et le collège ? (12 octobre 2008)

Le sort de nos disciplines y donne lieu à toutes sortes de désillusions :

Nous bénéficiions encore il y a peu de trois heures et demie d'enseignement hebdomadaires… mais nous avons perdu une demi-heure avec la création puis la diminution des IDD : il ne reste officiellement qu'une heure pour chacune de nos trois matières, ce qui est manifestement insuffisant ; dans les faits, on sait bien que l'éducation civique et la géographie sont les principales victimes de cette amputation.

Nous avions apprécié que l'APHG ait été consultée au sujet des nouveaux programmes de collège… mais nous avons appris cet été que l'étude de l'Islam, initialement prévue avec celle des autres monothéismes en sixième, se retrouvait déplacée in extremis en 5 ème , au détriment de la cohérence de l'ensemble.
Dans les nouveaux programmes de géographie, la multiplication des études de cas fait courir le risque à des élèves pas toujours "armés" pour prendre du recul de ne plus avoir une vue d'ensemble ou de généraliser abusivement, surtout si leurs professeurs successifs étudient toujours les mêmes espaces.

Nous avions obtenu que les horaires, annoncés en pourcentages dans la première mouture de ces nouveaux programmes, soient exprimés en heures… mais les voici à nouveau formulés en pourcentages, ce qui fait évidemment craindre, dans la "logique" des suppressions de postes en cours, de nouvelles coupes claires.

L'éducation à la citoyenneté semble elle aussi menacée : pourquoi le "droit à l'information" disparaît-il du programme d'Éducation civique en quatrième ?

Enfin, les derniers sujets du Brevet des Collèges nous préoccupent :
La question de géographie invite clairement les élèves à "montrer" que la France est une puissance mondiale, à partir de documents choisis de façon fort discutable (sources : rapport pour le Président de la République, sites internet de grandes entreprises, ministère de la Défense). S'agit-il de célébrer la puissance de notre pays, ou d'en analyser les manifestations et les limites ? Le moins qu'on puisse dire est que ce sujet n'est pas conçu pour récompenser l'esprit critique des candidats !
Le sujet d'éducation civique, qui introduit la notion de "devoirs du citoyen", a été bien difficile à corriger, puisque quasiment personne ne connaît le "livret du citoyen" sur lequel repose le sujet. Devait-on valoriser dans les copies l'esprit de responsabilité ou la soumission aux règles ?

Qu'attend l'Éducation Nationale de nos disciplines ? de permettre aux élèves de «comprendre le monde contemporain», d'«agir sur lui en personne libre et responsable», d'«être présent et actif au sein de la cité» (programmes de 1995) ou de relayer un discours officiel chauvin et moralisateur ?

Gérard Déclas, Didier Doix   



Éditorial de juin 2008 -
RÉFORME DES LYCÉES : UNE CONCERTATION INDISPENSABLE !

Au moment où nous mettons ce numéro sous presse (23 juin 2008), les projets de réforme des lycées, qui paraissaient ne pas devoir se réaliser avant plusieurs années, sont à nouveau à l’ordre du jour. Suite au mouvement lycéen d’avril-mai, le Ministre de l’Éducation nationale a cru pouvoir faire à une organisation lycéenne l’annonce d’une plus grande autonomie pour les élèves dans le choix de leurs enseignements, et a lancé des discussions avec les organisations syndicales.
Par ailleurs, ces dernières semaines, l’Élysée n’a cessé de mettre en avant le "modèle" de la Finlande, championne des enquêtes PISA et adepte des enseignements optionnels (sans préciser d’ailleurs que son système est ultra-sélectif, de l’examen de fin de primaire au numerus clausus à l’Université, le bac avec mention donnant droit en plus à des "crédits" en fac) [voir l'article de Yohann Chanoir dans le n° 403 d'Historiens et Géographes].

Ainsi, on envisage en haut lieu une plus grande "modularité" de l’enseignement… Certains souhaitent remplacer les voies L, ES et S par un "tronc commun" en seconde et première, et par une classe terminale censée mieux préparer au supérieur en offrant des options plus "pointues" ; dans ce cas, il faudrait s’attendre à des épreuves d’histoire-géographie en fin de première...
Certes, il ne faut pas rejeter en bloc toute idée de réforme d’ampleur du cursus lycée : une énieme réforme limitée au cadre des filières s’impose-t-elle vraiment, vu la désaffection alarmante de la voie L, les attaques du ministère contre la voie ES et la situation paradoxale de la voie S, filière d’excellence... ne formant pas assez de scientifiques ? La perspective, par exemple, d’un enseignement plus "universitaire" de l’histoire et de la géographie en terminale, face à des élèves demandeurs, n’est pas à balayer d’un revers de manche. Mais il est hors de question de tolérer que nos disciplines soient exclues d’un éventuel tronc commun ; nous devons obtenir le rétablissement d’un horaire minimum de 4 heures en histoire-géographie pour tous les élèves en seconde et première, sur les mêmes programmes nationaux. Nos disciplines doivent bien sûr être aussi enseignées en terminale, sous des formes à discuter, et nous devons plus que jamais souligner leur caractère indispensable dans toute formation.
Par ailleurs, nous devons être très vigilants sur la nature des projets ministériels. Le président Jacques Portes, dans le numéro 402 d’Historiens et Géographes, parle de "pièges" : sous des dehors avenants, les réformes en cours cachent presque toujours un souci d’économie, en particulier aux dépens de nos disciplines humanistes, nécessaires à la formation de l’esprit critique, à l’apprentissage de la tolérance, à la connaissance du passé et du monde d’aujourd’hui nécessaires à toute décision responsable.

Nous avons été échaudés ; la méfiance prévaut aujourd’hui chez les collègues face à n’importe quelle réforme décidée dans les cabinets ministériels, voire dans les bureaux des conseillers de la Présidence... Toute évolution, au Lycée comme dans les autres chantiers en cours, ne peut être envisagée qu’en prenant son temps et en consultant associations de spécialistes et organisations professionnelles. L’impact de ce type de réforme sur le baccalauréat, les programmes, notre pédagogie, nos conditions d’exercice, l’impose, et les lycéens ne doivent pas être les cobayes de quelques "décideurs" coupés des réalités. Nous espérons que la mission qui vient d’être confiée à Jean-Paul de Gaudemar ne donnera pas lieu à un simulacre de consultation, et que vous n’aurez pas appris, avant de lire ces lignes, que des décisions précipitées ou des mesures d’austérité auront été prises au cours de l’été, nous plaçant, ainsi que nos élèves, devant le fait accompli.

Gérard Déclas   

 


Alerte sur les concours
(mars 2008) - VIGILANCE NÉCESSAIRE À PROPOS DES CONCOURS DE RECRUTEMENT

Des rumeurs ont circulé depuis l’automne dernier à propos de la suppression possible des concours de recrutement, en particulier du CAPES. On a même douté à un moment donné que la session 2009 puisse avoir lieu. Ces bruits ont donc créé au sein des différents départements de l’université de Bourgogne une émotion bien compréhensible. Par conséquent, les universitaires élus au bureau de la Régionale ont cru bon d’alerter les autres membres de cette instance qui s’est engagée, par l’intermédiaire de son président, à faire la clarté sur cette affaire.
Après bien des allers et retours d’informations, il apparaît que l’avenir des concours est un peu moins sombre que l’on ne le redoutait. Diverses autorités ont laissé entendre que non seulement la session 2009 aurait bien lieu, mais que le ministère de l’Éducation n’envisageait pas pour le moment de mettre fin aux concours de recrutement. Voilà qui est rassurant.
Malheureusement, toutes les ambiguïtés ne sont pas levées.
Tout d’abord, les déclarations des uns et des autres ont semblé parfois contradictoires.
Par ailleurs, la volonté affichée de créer des masters professionnalisants pour les enseignants, si elle peut se comprendre, laisse planer un doute sur la pérennité du système antérieur de recrutement.
Enfin, on parle toujours de modifier éventuellement les modalités d’organisation et de contrôle des connaissances.
Au regard du climat ambiant et de l’idéologie concurrentielle affichée à tous les niveaux, il est nécessaire que nous restions tous très vigilants. Il faut de toute façon rappeler l’attachement viscéral que notre association porte au respect des valeurs républicaines en matière de recrutement des fonctionnaires.

Pour le Bureau de la Régionale : Yves Boquet, Maurice Carrez   


Éditorial de mars 2008 -
LES INITIATIVES DANGEREUSES DE M. SARKOZY

Nous aurions pu croire qu’après les errements de Gilles de Robien, la “liberté pédagogique” tant vantée par Xavier Darcos était à l’ordre du jour, et que nous allions être reconnus par notre hiérarchie dans nos compétences ainsi que dans notre rôle civique et social.
Mais c’est du sommet de l’État que sont venues, depuis quelques mois, des initiatives étonnantes qui mettent en cause cette liberté, et dont certaines vont jusqu’à ébranler les fondements mêmes de notre mission d’enseignants d’histoire et de géographie.
Citons pêle-mêle :
- la consigne donnée par l’exécutif aux professeurs de lire ou de faire lire la lettre de Guy Môquet, sur laquelle nous nous sommes déjà exprimés ici
- la volonté affichée de faire établir les programmes scolaires par le pouvoir politique (législatif? exécutif? à clarifier!), qui semble tenir pour peu de chose les acquis de la recherche universitaire
- de nouveaux contenus dans le primaire, fondés sur la «connaissance des grandes dates de l’histoire de France et l’existence des personnages» (Clovis et Clemenceau sont cités). S’agit-il de revenir à une histoire des “grands hommes” ?
- toujours à l’école élémentaire, le remplacement de l’éducation civique par une «instruction civique et morale» (ne veut-on pas, en utilisant ces termes, faire de l’enseignant, jusque là d’abord pédagogue et transmetteur de savoir, une sorte de directeur de conscience ?)
- le projet de faire prendre en charge par les élèves de CM2, au nom du “devoir de mémoire”, le souvenir d’un enfant victime de la Shoah, qui non seulement peut avoir un effet psychologique désastreux sur de jeunes enfants, mais encore risque de susciter une “concurrence mémorielle” entre communautés.
Tout cela en partant du postulat que les enseignants ne faisaient pas jusqu’à présent leur travail ! postulat implicite à propos de la chronologie, explicite et provocateur (dans la bouche du ministre) à propos de la Shoah…
Tout cela sans concertation préalable, sous la forme de “coups médiatiques” tellement improvisés que la présidence a dû revenir en arrière à plusieurs reprises devant la levée de boucliers de ses propres partisans…
Tout cela conduisant moralement à la confusion — voire à la division — au sein d’une communauté nationale déjà fragilisée par les difficultés économiques et les tensions sociales.

La cohérence entre ces mesures apparemment désordonnées n’est-elle pas à chercher dans une «rupture» radicale, voulue par le Président de la République, avec les valeurs qui fondent depuis des générations l’enseignement dans notre pays ? Nicolas Sarkozy nous parle de «laïcité positive» ; il nous a fait mesurer à plusieurs reprises (discours de Saint Jean de Latran ou de Riyad), à quel point cette étrange et hybride notion était insultante pour nous tous.
Selon lui, «les racines de la France sont essentiellement chrétiennes» ; ce nouveau credo proposé à la République s’appuie sur sa conception de l’histoire : «C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l’Église. Les faits sont là». Et, plus loin : «Je sais que l’interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie […] une reconstruction rétrospective du passé». Voilà une manière assez expéditive de trancher un débat historique dont le centenaire de 2005 avait pourtant montré la complexité et la richesse…
Nicolas Sarkozy tire de ses convictions des conclusions partisanes : «Un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup de femmes et d’hommes qui espèrent.» Représentant l’ensemble des Français, comment peut-il établir ainsi une hiérarchie de valeurs entre croyants et incroyants, en déniant aux seconds toute capacité à «espérer» un monde meilleur ? Un professeur d’histoire-géographie qui, en évoquant en classe quelque religion que ce soit, prononcerait des affirmations aussi sommaires et aussi blessantes serait-il à la hauteur de sa mission ?
Au passage, le président se livre à une mise en cause des enseignants plus précise et véritablement infamante : «Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur».

Notre formation, notre pratique, notre esprit critique, nos contacts avec des élèves de milieux divers devraient, espérons-le, nous mettre à l’abri de tout renoncement aux valeurs républicaines. Mais ces discours et ces projets doivent nous appeler à la vigilance. Continuons à nous adresser aux futurs citoyens dont nous avons la charge en résistant aux pressions, en nous gardant de toute simplification, et en ne considérant la religion ni comme le fondement unique des sociétés, ni comme un vecteur privilégié de l’éducation.
La notion de laïcité se suffit à elle-même ; la laïcité respecte les religions, respecte l’athéisme, émancipe les esprits. Lui accoler l’adjectif «positive», sorti tout droit du lexique de la “com” ou de la “pub”, la dénature et lui fait injure.

Gérard Déclas   


À propos de la lecture de la lettre de Guy Môquet
(septembre-octobre 2007)

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DE GESTION DE L'APHG DU 15 SEPTEMBRE :

Certains professeurs de lycée, dont vraisemblablement ceux d’Histoire et de Géographie, auront obligation de faire dans leur cours le 22 octobre 2007 la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet. Relevant de la fonction publique, ils répondront à la décision de commémoration du souvenir du jeune résistant prise par le Président de la République.
L’État est dans son rôle en décidant des commémorations qui perpétuent l’Histoire nationale. Mais l’Histoire n’est pas la mémoire. L’Histoire se construit sur des bases scientifiques notamment à partir des mémoires confrontées les unes aux autres et d’une présentation contextualisée des faits et des paroles du passé.
C’est pourquoi l’APHG veille à entretenir chez les élèves les valeurs dont était et reste porteuse la Résistance. Elle l’a fait, en particulier, par son fort engagement dans le Concours national de la Résistance et de la Déportation depuis sa création en 1961.
L’APHG réaffirme que les professeurs, en vertu de leur liberté pédagogique, auront à mettre en oeuvre la recommandation au moment qu’ils jugeront opportun et de la manière la plus adaptée à leurs élèves. Elle souligne que c’est bien ce que semble souhaiter le Ministère dans une note parue au BO n°30 du 30 août 2007.

Pour le Conseil de Gestion, le secrétariat général de l’APHG
Eric Till et Hubert Tison

COMMUNIQUÉ DU BUREAU DE LA RÉGIONALE DU 6 OCTOBRE:

Oui, nous sommes fonctionnaires ; oui, l'État décide des commémorations.
La décision prise par le Président de la République de faire lire la lettre de Guy Môquet dans les lycées suscite cependant deux grandes questions : Pourquoi le choix, pendant la campagne électorale, de cette lettre plutôt que d'une autre ? Ce texte, certes émouvant, est-il vraiment de nature à faire comprendre aux élèves l'engagement de ceux qui sont entrés dans la Résistance au péril de leur vie ?

Après les débats de ces dernières années sur l'instrumentalisation de l'histoire par le politique (sur laquelle la position de l'APHG a été tout à fait claire*), comment ne pas s'interroger sur cette nouveauté que constitue l'intervention directe de l'Éxécutif, au plus haut niveau, dans ce que nous devons dire à nos élèves ?

On peut, bien sûr, compter sur les enseignants pour utiliser leur compétence scientifique et mettre en œuvre leur liberté pédagogique à ce sujet. Ils ne manqueront pas, par exemple, de prendre en compte le fait historique qu'est la décision du Président lorsqu'ils traiteront, conformément aux programmes, "l'émergence des différentes mémoires de la période [la Seconde Guerre mondiale] au sein de la société française". Mais beaucoup de nos collègues s'inquiètent du rôle qu'on leur fait jouer en leur imposant cette lecture.

Par ailleurs, nous avons bien lu le texte ministériel du 30 août qui encourage les équipes éducatives à faire preuve d'initiative dans la mise en œuvre de la décision présidentielle. Mais nous constatons aussi que la lettre rectorale du 22 octobre, qui confie l'organisation de la manifestation aux chefs d'établissement, est beaucoup plus directive.
Un exemple, à propos de la participation d'intervenants extérieurs : "Il sera possible de solliciter toute personnalité dont l'engagement, le rayonnement ou la notoriété pourraient sensibiliser les élèves" (texte ministériel).
"J'ai en particulier précisé aux élus de la région (députés et sénateurs) la possibilité de prendre contact directement avec les chefs d'établissement afin de participer à l'un des moments prévus dans le cadre de cette journée" (texte rectoral).

Tout cela ne peut que nous inciter à la vigilance.

Gérard Déclas, Didier Doix   

* "L'APHG demande que soit mis fin aux pratiques qui consistent à instrumentaliser l'enseignement de l'histoire au service des « devoirs de mémoire »" (motion du Comité National du 22 mai 2005).

 


Éditorial d'octobre 2007-
L'AMPLEUR DE LA TÂCHE

Micheline Cinquin vient de prendre une retraite ô combien méritée... Depuis qu'elle avait, il y a six ans, succédé à Jean-Bernard Charrier, prématurément disparu, nous avons tous apprécié son investissement, sa rigueur, son sens de l'organisation, son militantisme infatigable.

Lourde responsabilité que de prendre sa suite, à l'heure où de nombreuses menaces pèsent sur nos disciplines. Nous avons déjà connu les réductions d'horaires (en collège suite à la valse-hésitation des IDD, au lycée en S depuis 2003); les tentatives d'instrumentalisation (confusion entretenue entre histoire et mémoire). Depuis quelques mois, les attaques se font plus précises : la promotion de la bivalence, la remise en cause des services (dont l'heure de cabinet d'histoire-géographie), le dénigrement des bacs L et ES qui semble préparer un examen unique avec options — sans parler des restrictions budgétaires qui s'annoncent — peuvent, si nous manquons de vigilance ou si nous ne parvenons pas à peser sur les décisions du Ministère, conduire à un véritable abaissement de l'histoire, de la géographie, de l'éducation civique. Nos élèves ont besoin de la culture générale, de l'esprit critique, de la rigueur qu'apportent nos disciplines pour comprendre ce monde qui change si vite et où tant de valeurs citoyennes sont menacées.

L'A.P.H.G. a beaucoup fait, ces dernières années, pour "préserver l'essentiel" (Robert Marconis). Mais — nous le savons — la moyenne d'âge de ses membres s'élève (comme dans beaucoup d'autres associations) ; nous avons absolument besoin de sang neuf. Je vous invite tous, dans vos établissements, à parler de nous à nos jeunes collègues, à leur proposer de prendre contact avec nous, à les convaincre que nos disciplines ont besoin d'être défendues, qu'ils peuvent trouver dans les publications de l'APHG une aide précieuse pour leur métier… et que nous constituons un lieu d'échanges et de convivialité. Nous ne sommes bien sûr pas d'accord sur tout, mais nous avons en commun l'attachement à certaines valeurs fortes, l'amour de nos disciplines et le goût de les faire connaître. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, nous avons des moments amicaux à partager.

Je sais que je peux compter sur un Bureau actif, assidu, où les débats sont de qualité, où le partage des tâches s'effectue dans la bonne humeur, avec le souci de maintenir nos multiples activités au niveau où Micheline a su les élever. N'hésitez pas à nous y rejoindre, nous avons du pain sur la planche !

Gérard Déclas   

 

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Association des professeurs d'histoire et de géographie
Régionale de Bourgogne-Dijon
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Dernière mise à jour :23 janvier 2016

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