accueil
accueil

prises de position
prises de position

voyages
voyages

lectures
lectures
liens
liens
archives
archives
้crivez-nous
écrivez-nous

Nos collègues publient  :

PALESTINE - ISRAËL : 40 ans de processus de paix

par Monique JOUFFROY, éd. UniversCités, 2007

Dans cet ouvrage, notre collègue Monique JOUFFROY – professeur honoraire, docteur en histoire – publie des textes commentés en liaison avec la thèse qu'elle a soutenue le 17 janvier 2000 à l'Université de Paris-Sorbonne, Paris IV, sous le titre La perception américaine du problème palestinien, 1987-1992 [se référer au compte-rendu de l'exposé que Monique Jouffroy avait fait lors de la journée de formation de la Régionale du 5/12/2001, publié dans la Lettre de la Régionale de Bourgogne n° 33, consultable ici].

Le titre désigne les deux principaux protagonistes du conflit proche-oriental né de la création de l'Etat d'Israël en 1948 et évoque l'évolution de ce conflit depuis la victoire écrasante d'Israël à l'issue de la Guerre des Six Jours (5-10 juin 1967) contre ses voisins arabes.

Depuis cette date en effet, Israël et son principal allié, les Etats-Unis, ont mis en avant une procédure de règlement du conflit – appelée Processus de Paix – plutôt que de définir le fond du problème à savoir : le droit à l'existence et à la sécurité d'Israël est-il compatible avec la création d'un Etat palestinien ? C'est la question centrale posée par Monique Jouffroy dans cet ouvrage.

L'auteure s'attache à contrer les "couvertures médiatiques fabriquées, trompeuses, savamment orchestrées" qui qualifient, par exemple, systématiquement de "terroriste" toute forme de résistance palestinienne. Cette criminalisation s'est accentuée depuis la Guerre du Golfe de janvier 1991 et davantage encore après le 11 septembre 2001 : l'effondrement de l'URSS, l'arrivée massive en Israël de nombreux Juifs de l'ex-Union soviétique, le renforcement de la puissance américaine ont donné au "processus de paix" ses trois impératifs : démocratie, économie de marché, lutte contre le terrorisme. Quelle place reste-t-il alors pour l'idée nationale palestinienne et les quatre millions et demi de Palestiniens, face à un Etat "qui use d'un droit de défense reconnu par son protecteur, avec des moyens disproportionnés par rapport à ceux de l'adversaire" ?

Monique Jouffroy a trouvé les formules pertinentes et éclairantes pour mettre en évidence l'asymétrie qui caractérise ce conflit et en faire comprendre la complexité. Elle démontre à partir d'une chronologie commentée s'appuyant sur les textes fondamentaux et par l'analyse de différents textes (une résolution de l'ONU – qui a été à l'origine de la formation d'Israël – parmi des centaines, et des textes publiés concernant l'engagement de l'administration américaine), comment et pourquoi toute la politique mise en œuvre depuis 40 ans s'oppose à un règlement des problèmes de fond : définition des frontières - droit des Palestiniens au retour sur leurs terres - définition d'un système politique - maîtrise des ressources naturelles.

En effet, le dit "Processus de Paix" – "jeu dérisoire et dangereux" – géré par la Quartet ("parodie d'entente internationale entre Etats-Unis, Union Européenne, Russie, ONU") s'est accompagné d'une politique de colonisation exclusive, fractionnant les territoires palestiniens dispersés et privés de ressources. Le retrait de Gaza initié par Ariel Sharon a créé un "bantoustan" et la construction du "mur de séparation" symbolise aujourd'hui l'impasse mortelle dans laquelle a conduit ce processus.  "Méthode implacable : entendre et faire accepter les exigences [ existence et sécurité d'Israël ] par des accords imposés, complexes, subtils, rédigés dans une langue étrangère, inscrits dans un calendrier jamais respecté, avec des articles parfois contradictoires ou impossibles à mettre en œuvre". 

Et Monique Jouffroy pose la question : « Peut-on vivre pauvre, sans espérance, près de rives étrangères rutilantes qui furent les vôtres ? ». « La situation créée – occupation pour les Palestiniens – est la cause première de la violence ; si la cause n'est pas mise à jour, la paix ne peut être instaurée », écrit-elle encore.

Dans l'épilogue (octobre 2004 – octobre 2006), Monique Jouffroy revient sur les élections de janvier 2006 qui ont donné un majorité au Hamas : elle rappelle, qu'après avoir tout fait pour détruire l'OLP laïque et liquider physiquement ses dirigeants, Israël a soutenu le mouvement islamiste dans les années 80. Le Hamas a conquis le pouvoir sur la base de la capitulation d'Arafat, et en exerçant un travail d'assistance sociale auprès de populations délaissées et désespérées, comme l'a fait le Hezbollah au Sud-Liban.

Le "processus de paix", en s'opposant au mouvement national palestinien, a ouvert la voie à l'islamisme. La terreur militaire exercée quotidiennement sur les populations palestiniennes a empêché tout règlement pacifique du conflit.

Mais l'auteure souligne aussi – à partir d'études référencées, d'origine américaine, israélienne ou européenne – que la puissance du lobby israélien sur le gouvernement américain a constitué un fardeau compromettant même la sécurité des États-Unis, en déstabilisant toute la région. [Voir aussi à ce sujet l'article du Monde du 5 mai 2009 : Les doutes du lobby pro-israélien].

« Passer du processus à la paix » nécessite d'envisager d'autres alternatives : État binational, fédération, État laïc... « Un défi à relever comme celui de Sisyphe », en guise de conclusion.

Micheline Cinquin

 

page d'accueil

Association des professeurs d'histoire et de géographie
Régionale de Dijon
URL : http://aphgbourgogne.free.fr
Dernière mise à jour : 25 novembre
2011

page d'accueil